180 m de tapis rouge par jour : la Croisette abuse

Par I Publié le 15 Mai 2013

Une pétition est en ligne pour demander au Festival de Cannes de réduire sa "consommation" quotidienne de tapis. Un gâchis révélé par le documentaire SuperTrash, attendu en salle à l'automne, qui dénonce la société du gaspillage.


(Crédit : Flickr, Tangi Bertin)
(Crédit : Flickr, Tangi Bertin)
« Agissons pour que le symbole du cinéma ne soit plus celui du gâchis ! » C'est avec ce message et une pétition que la Greenpride interpelle le Festival de Cannes. Engagée sur les questions d'environnement et de santé, l'association s'attaque aux 60 mètres de tapis rouge déroulés sur les marches de la Croisette jusqu'à trois fois par jour. Une opération qui, répétée pendant dix jours, conduit à jeter « des kilomètres de moquette à peine utilisée », dénonce la Greenpride.

Quelques accrocs de talons

« Le Festival de Cannes souhaite avoir un tapis neuf pour chaque équipe de film qui monte les marches », avait reconnu Christophe Arnould, directeur des opérations du Palais des Festivals, interrogé par TF1.fr en 2012... sans pour autant fournir d'explication tangible. Les 2 500 personnes qui foulent chaque année le tapis ne suffisent pas à l'user au point de devoir le changer trois fois par jour. « Il peut bien y avoir quelques accrocs avec les talons, le coin des photographes est un peu plus piétiné parce que ça se bouscule », avançait tout juste Christophe Arnould.

Que deviennent ces 180 mètres de tapis « consommés » quotidiennement, soit 1,8 kilomètres en 10 jours ? Un documentaire attendu en salle le 9 octobre apporte la preuve de ce qu'il en advenait jusqu'à 2009. Tourné par Martin Esposito, SuperTrash nous plonge dans l'enfer de décharge de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, près de Cannes. Pour dénoncer le gaspillage et la surconsommation, le jeune réalisateur y a filmé les tonnes de déchets qui s'ammoncelaient à ciel ouvert, polluant les cours d’eau et la nature environnante. C'est au cours de cette immersion de près de deux ans, en 2008 et 2009, qu'il a découvert que des tapis rouges venaient quotidiennement alimenter ce flot d'ordures durant le festival. Ses images édifiantes ont poussé la Greenpride à s'emparer du sujet.

Recyclage en Italie

La situation a évolué entre temps. La Glacière a fermé en juilet 2009 et Cannes, en 2012, a assuré que ses tapis étaient renvoyés « depuis quatre ans » à leur fabricant italien pour être recyclés. Des camions achemineraient ainsi les rouleaux usagés vers une usine de reconditionnement située de l'autre côté de la frontière. Détruits, les tapis seraient alors transformés en billes de plastique thermoformées destinées à l'industrie, ou en tapis de sol pour voiture.

Mais pour la Greenpride, le problème reste entier : « Le Festival de Cannes dit recycler l’ensemble de ses déchets, dont le tapis. Mais pour protéger la nature, le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne crée pas. » L'association invite donc les responsables du Palais des Festivals à « monter la première marche vers un événement créatif et éco-responsable, qui deviendra un modèle pour le public du monde entier ». Près de 6 000 Internautes ont déjà signé sa pétition, notamment adressée à Thierry Frémaux (délégué général du festival) et Steven Spielberg (président du jury en 2013). Avec un zest d'ironie :

« (...) demandons aux responsables du Palais des Festivals de montrer l’exemple en réduisant leur consommation. Proposons-leur une idée un peu folle et tellement positive : un seul tapis par jour pendant tout le festival. »




1.Posté par sylvie Moyroud le 15/05/2013 20:42
Et un seul tapis rouge pour TOUT le festival... cela parait si inconcevable ???

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