À Môm’artre, la garderie fait sa révolution artistique

Par Olivier Bailly I Publié le 9 Mai 2013

Initiés à Paris il y a douze ans, d'originaux espaces de loisirs adaptés au rythme des parents essaiment en France. À l'origine de ce projet centré sur l'art, une mère de famille qui ne trouvait pas de garderie.


(crédit : Môm’Didot, 2012)
(crédit : Môm’Didot, 2012)
Dans Môm’artre il y a môme et il y a art. Et, comme le suggère ce mot-valise, il y a Montmartre. C’est là que cette histoire commence il y a douze ans. Chantal Mainguené, mère de famille parisienne, cherche alors une solution pour s’occuper de ses enfants après 16h30, à la sortie de l’école. Le service public n’est pas adapté aux horaires des parents et ne propose pas un contenu satisfaisant aux enfants, estime-t-elle. Elle imagine alors un concept pour les 6-11 ans, tranche d’âge pour laquelle, selon elle, « l’offre artistique, contrairement à la maternelle où il y a beaucoup d’activités, est moins développée »« Nous avons choisi l’artistique comme valeur pédagogique », poursuit Chantal Mainguené. A Môm’artre « ce ne sont pas des animateurs qui font de l’art, mais des artistes qui passent leur Bafa. » Tous types de disciplines sont proposés aux enfants, des arts plastiques aux arts de la scène.

Chantal Mainguené (crédit : Darnel Lindor)
Chantal Mainguené (crédit : Darnel Lindor)
S'adapter aux parents et aux enfants

Diplômée d’une école de commerce, Chantal Mainguené a passé huit ans en entreprise, où elle a acquis de l'expérience en gestion de projet. Elle a inauguré le premier Môm'artre en septembre 2001. Puis, pendant cinq ans, parallèlement à ce projet, elle a fait du conseil en création d’entreprise dans une couveuse. Ce n’est qu’en 2009, huit ans après l’ouverture du premier Môm’artre, que le concept a essaimé. Depuis, six antennes ont vu le jour à Paris, deux à Nantes et à Arles, une autre ouvrira en mai à Lille et en septembre à Nanterre. « Aujourd’hui, affirme la créatrice, nous avons un potentiel de démultiplication. Après les municipales de 2014, nous proposerons nos services à des communes de plus de 80 000 habitats qui ont envie de créer des centres de loisirs différents. Si elles s’engagent, nous amenons les choses clés en main. »

Centres de loisirs clé en main

« Nous ne sommes pas seulement un service de garde, explique Chantal Mainguené. Ce qui nous différencie, c’est une mise en place globale, de la sortie de l’école à l’arrivée des parents. On travaille en horaire décalé de façon à faire face aux situations… décalées ! » Môm’artre ferme à 20h. A 16h30, des bénévoles vont chercher les petits à la sortie de l’école. Tous les petits : « On a réussi à faire de la mixité sociale. Toutes les familles peuvent venir chez nous. » La grille tarifaire varie en fonction des revenus : une heure le soir coûte de 10 centimes à 10 euros. Le mercredi revient aux familles de 1 à 45 euros. Dans les faits, très peu payent ce tarif, la moyenne tournant autour de 12 euros.

Ancrage local, envergure nationale

A ce jour, 680 enfants sont inscrits à Môm’artre (Paris 18e), Môm’Ganne (Paris 20e), Môm’Pelleport (Paris 20e), Môme’Frenay (Paris 12e), Môm’Didot (Paris 14e), Môme’Nantes et Môm’Arles. Quarante écoles sont desservies. La structure emploie 31 salariés et douze volontaires en service civique. Trente cinq bénévoles participent aussi à l'aventure et, en 2012, cent quinze artistes sont intervenus pour des séries de huit séances avec des groupes de huit à dix enfants. Après douze ans, s’étonne Chantal Mainguené, « en dépit du développement, on a gardé le même esprit qu’au début tout en ayant un projet d’envergure nationale. C’est tout un combat. On voudrait modéliser, mais chaque entité est adaptée à son quartier, son tissu local. On ne peut pas faire le même Môm’artre dans deux quartiers aussi différents que la Porte de Bagnolet et la Gare de Lyon ». L’adaptabilité, force première de Môm’artre.

Plus d'informations : www.momartre.com

(crédit : Môm’Didot, 2012)
(crédit : Môm’Didot, 2012)

(crédit : Môm’Didot, 2012)
(crédit : Môm’Didot, 2012)


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