À climat changeant, cuisine nouvelle

I Publié le 8 Novembre 2012

A la demande du Comité de la sécurité alimentaire des Nations unies, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) a rendu public, le 31 octobre, un rapport faisant état des effets du changement climatique sur la production alimentaire mondiale. Bientôt des recettes à base de mil, d’igname, de manioc ?


Sécheresse dans la Régence de Bogor. Un fermier laboure le sol durci d’une parcelle de rizière dépendante de l’eau de pluie, dans la campagne de Ciampea. Sans irrigation, ces fermiers qui cultivent des concombres, des oignons et le riz - aliment principal en Indonésie - devront retarder leur plantation ou opter pour d'autres types de culture comme le manioc qui peut résister à la sécheresse. Crédit photo : Flickr
Sécheresse dans la Régence de Bogor. Un fermier laboure le sol durci d’une parcelle de rizière dépendante de l’eau de pluie, dans la campagne de Ciampea. Sans irrigation, ces fermiers qui cultivent des concombres, des oignons et le riz - aliment principal en Indonésie - devront retarder leur plantation ou opter pour d'autres types de culture comme le manioc qui peut résister à la sécheresse. Crédit photo : Flickr
 «  Comme le changement climatique continue à prendre le dessus, les effets sur la production alimentaire exigeront le réexamen de ce qui est dans la marmite, particulièrement dans des régions où il n’y a pas assez de ressources alimentaires. En fait, le changement climatique diminuera les rendements des trois principaux produits du monde : maïs, blé et riz. »
Extrait du rapport coordonné par Philipp Thornton

Recrudescence d’inondations, sécheresses, canicules, hausse significative des températures... Autant de bouleversements climatiques à prévoir dans les décennies à venir. L’agriculture mondiale en pâtira, avec des conséquences directes en matière alimentaire. Dans vingt, trente, cent ans, qu’y aura-t-il dans les assiettes ? Quels aliments permettront de subvenir à nos besoins nutritionnels sur une planète toujours plus peuplée ? Les systèmes agricoles vont devoir faire face à un challenge de taille, adapter leurs productions aux changements climatiques et subvenir aux besoins nutritionnels des neuf à dix milliards de personnes attendues d'ici 2050.
 

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, plus de la moitié des calories globalement consommées repose sur trois céréales –« the big three » : le maïs, le blé et le riz. La pomme de terre étant le quatrième aliment le plus cultivé. Des cultures de plus en plus menacées par le réchauffement climatique. « Les experts agricoles voient l’urgence d’identifier de nouvelles sources de calories » relève Philip Thornton, qui a coordonné le rapport. Tout l’enjeu pour l’agriculture, au-delà du maintien de la viabilité de ces produits, sera de découvrir des récoltes de substitution. Plus résistants à la chaleur, à la pauvreté ou à la salinité des sols et tout aussi nutritifs, le manioc, l'igname, l'orge, le dolique, le millet ou les lentilles, pourraient détrôner ce « big three ». La banane, également, qui nourrit déjà 70 millions d’Africains. « Dans un proche avenir, il sera possible de cultiver des bananes à plus haute altitude et en un un temps réduit » exposent les experts du rapport.

Manioc frit. Crédit photo : Flickr
Manioc frit. Crédit photo : Flickr
Le défi est également culturel, impliquant de nouveaux modes de consommation. Dans de nombreuses régions du monde, les populations devront pratiquer une nouvelle cuisine, s’habituer à de nouvelles saveurs et réinventer leurs menus.


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