Alerte en Méditerranée ! Les poissons de la Mer Rouge arrivent

Par Sylvain Morvan I Publié le 11 Juin 2015

[À lire dans la revue] Poisson-ballon, poisson-lapin, poisson-flûte... Ces créatures, dont certaines sont très toxiques, affluent depuis l'Océan Indien et la Mer Rouge. Cette migration inquiétante menace l'écosystème de la grande bleue et devrait empirer avec le prochain élargissement du Canal de Suez.


Poisson-ballon. Sa toxicité a causé la mort de plusieurs pêcheurs. (Crédit : Patrick Pleutin pour We Demain)
Poisson-ballon. Sa toxicité a causé la mort de plusieurs pêcheurs. (Crédit : Patrick Pleutin pour We Demain)

En octobre, Jean-Claude Amiel et Jean-Paul Gnesotto, du club de pêche de Gruissan, près de Narbonne, ont trouvé au bout de leur hameçon un gros poisson de 1,5 kg. Ils ont préféré le confier à un laboratoire, plutôt qu’à leur barbecue. Les deux retraités ont été bien inspirés : leur prise n’était autre qu’un dangereux Lagocephalus sceleratus, un poisson tacheté, gris- noir-verdâtre avec une bande blanche sur le flanc. De la famille des tétraodons, ce poisson-ballon (son nom familier) est – si on ne sait le parer – impropre à la consommation.
 


Barracuda. On le trouve désormais dans les eaux du sud de la France. Poisson-flûte. Ce prédateur a été repéré près de Porquerolles. (Crédit : Patrick Pleutin pour We Demain)
Barracuda. On le trouve désormais dans les eaux du sud de la France. Poisson-flûte. Ce prédateur a été repéré près de Porquerolles. (Crédit : Patrick Pleutin pour We Demain)


Au même titre que son célèbre cousin le fugu, traditionnellement cuisiné au Japon, ses viscères et sa peau sont riches en tétrodotoxine, qui peut être mortelle. Et il n’existe aucun antidote. Le Lagocephalus sceleratus, qui peuple d’ordinaire la mer Rouge, a fait son entrée en mer Méditerranée. Il en a déjà colonisé depuis plusieurs années le bassin oriental, causant le décès de quelques pêcheurs, en Israël notamment. Mais ce n’est qu’au début de l’année 2014 qu’il a été aperçu à l’ouest du canal de Sicile, sur les côtes algériennes. Il longe maintenant les côtes françaises.
 

"C’est un changement majeur pour la mer Méditerranée, qui n’abritait historiquement aucune espèce toxique", souligne Patrice Francour, professeur spécialiste d’ichtyologie à l’université Nice Sophia Antipolis.


Ce poisson venimeux pêché sur le littoral audois en annonce d’autres, plus dangereux encore. Le Synanceia verrucosa, poisson- pierre pour les intimes, a la réputation d’être le plus venimeux du monde. Ce membre de la famille des rascasses peuple habituellement le bassin indo-pacifique et la mer Rouge... Retrouvez la suite de cet article dans We Demain n°10.

Sylvain Morvan.




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