Au NUMA, ces startups françaises qui inventent les usages de demain

Par I Publié le 2 Février 2015

Trouver les chaussures de ses rêves, en finir avec la comptabilité dans son couple, découvrir l'information avant les journalistes... Tout cela est désormais possible, grâce aux jeunes pousses issues du NUMA, à Paris. We Demain a rencontré la dernière génération de ces entreprises numériques, à l'occasion de leur rencontre avec des investisseurs.


Présentation de Drust. Source: Numa
Présentation de Drust. Source: Numa
À l’angle des rues du Caire et Dussoubs, en plein cœur du Sentier, se dresse la façade blanche et élégante de NUMA. Ce tiers-lieu parisien, inauguré il y a seulement 14 mois, est déjà une institution dans l'univers numérique et collaboratif. On y croise des dizaines de jeunes entrepreneurs et étudiants. Certains échangent des tuyaux avec leurs voisins, d'autres ont le nez rivé sur leur écran, profitant du Wi-Fi, savourant un jus bio ou un Club-Mate.

Après avoir avoir été pionnière du coworking en créant La Cantine  en 2008, l'association NUMA (anciennement Silicon Sentier) a récidivé en 2011 en lançant le premier accélérateur de startups français. Le Camping - c'est son nom - est basé sur le principe de la noopshère : lorsqu’une idée naît dans l’esprit d’une personne, des milliers d’autres l’ont au même moment. Ce qui fait la différence entre deux inventeurs ? La rapidité et la qualité d’exécution.

88 % DE STARTUPS « SURVIVANTES »

La Cantine propose un programme intensif de quatre mois permettant aux startups de convertir une simple idée en business model. Au programme : accompagnement technique, légal et… théâtral, pour réaliser un bon « pitch » à l’américaine devant des investisseurs potentiels. En quatre ans, le Camping a accompagné 72 startups et leur a permis de lever plus de 15 millions d’euros. En échange, NUMA prend une part de 3 % dans ces entreprises, ce qui créé un cercle vertueux qui permet de réinvestir dans de nouveaux entrepreneurs. Preuve de l'efficacité de ce système : 88 % des sociétés biberonnées au NUMA sont toujours en activité.
 
Jeudi 29 janvier se tenait la présentation des 15 dernières nées de ces entreprises devant la presse et des investisseurs. À l'entrée, on remet un dossier de présentation dont les arcs-en-ciel sur la couverture évoquent Pink Floyd, ou encore l’esthétique kitsch de Tumblr. L'ambiance est détendue, mais ne saurait masquer une certaine nervosité chez les néo-entrepreneurs. Ils le savent : leur succès dépendra de l’intérêt qu’ils éveilleront, ou non, chez leur public.

Façade du NUMA. Source: LJDN
Façade du NUMA. Source: LJDN

Mais rapidement, la timidité cède et, dans un anglais parfait, les jeunes entrepreneurs défendent leurs projets à grands coups de formules chocs et de designs attrayants. Chaque projet est plus étonnant que le précédent. On trouve là Back Market et sa plateforme de vente de Smartphones reconditionnés. Et toute une série d'autres startups aux noms exotiques : Artchy, Birdly, Jam, la Box culturelle, Pour-Combien, Tiller Systems… La plupart propose des applications mobiles... qui seront peut-être dans nos poches très prochainement.

ASPIRATEUR DE PAGES WEB

Parmi elles, Noosfeer dénote. Développé par trois jeunes Colombiens, ce service permet d'éviter de faire exploser son forfait de données mobiles en ne téléchargeant que l'essentiel des pages web : les textes et les images. Le potentiel d’un tel service, qui permet aussi de lire hors ligne, est énorme dans les pays du sud, où les forfaits mobiles sont chers et la téléphonie est souvent le seul moyen d'accéder à Internet.

De son côté, l’application Nunki brasse tout ce qui se passe sur la planète, tout le temps. Les usagers des réseaux sociaux étant de plus en plus souvent sur place avant les journalistes, l'application analyse les pics d’activité générés par ces derniers sur Instagram, Twitter, Facebook… et en fait ressortir les meilleurs contenus. Soundsgood, quant à elle, permet d’écouter gratuitement de la bonne musique, en relayant les meilleures playlists des différents services de streaming (Deezer, Spotify…). Vous pouvez ainsi découvrir les coups de cœur musicaux de DJs, chefs d’orchestre, ou mélomanes, à la manière de ce que permettaient jadis les « mixtapes ».

Retrouver des chaussures grâce à une photo

En voyant défiler toutes ces inventions, on perçoit un monde qui change. Le petit boitier conçu par Drust se branche sur l'ordinateur de bord de votre voiture et la transforme en objet connecté. Via Bluetooth, il vous fournit des informations sur votre conduite et l’état de votre véhicule. Vous pourrez ainsi conduire plus souplement, économiser de l’essence... et bientôt, payer votre assurance auto moins chère, quelque soit votre âge, statistiques personnelles à l’appui.

Pour les accros à la mode, Smyle analyse la photo du sac ou des chaussures de vos rêves et retrouve, parmi 400 000 références, les modèles similaires au meilleur prix. Sharette, de son côté, vous propose de faire du covoiturage sur des courtes distances pour le prix d’un ticket de bus. Pour les couples, enfin, SharePay a inventé une carte bancaire qui partage le montant des achats en deux parts égales. Plus besoin de compte commun : il suffit de commander la-dite carte et d'y associer ses coordonnées bancaires.

« L'univers des startups, c'est la jungle ! »

Les projets défilent, les demandes de financement aussi : entre 100 000 et 2 millions d'euros selon les besoins. L'ère des startups qui se lançaient sans avoir bétonné leur business plan semble révolue. Ici, les bénéfices sont assurés, mais l'impact social, voire écologique, est aussi pris en compte.

Après plus de deux heures de pitch et 15 projets passés en revue, les langues se délient autour du buffet. À la question de savoir s'il a songé à protéger son projet par un brevet, l'un des « pitchers » confie : « C'est souvent trop long, trop compliqué. L'univers des startups, c'est la jungle ! Il faut surtout être le plus rapide et arriver à se faire connaître. On est allé visiter la Silicon Valley la semaine dernière. Là bas, tout est multiplié par 10, 20 ! Je n'ai aucune idée de combien pourrait valoir mon idée là-bas ». Et les investisseurs français, eux, sauront-ils  croire en lui ?

Jean-Jacques Valette
Journaliste We Demain


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