Aux armes, entrepreneurs ! Le manuel anti french-bashing d'un Américain

Par I Publié le 28 Mars 2014

Non, la France n'est pas un enfer pour qui veut entreprendre, s'insurge Liam Boogar, qui anime le blog américain RudeBaguette sur les start-ups françaises. Entrepreneurs, face au « French-Bashing », il est temps d'apprendre à rendre coup pour coup !


© Olivier Ezratty
© Olivier Ezratty
En réponse à l'article du New-York Times, « Au revoir, entrepreneurs », qui évoque une fuite massive des entrepreneurs français vers l'étranger, et face au "French-bashing" qui sévit dans le monde anglo-saxon, Liam Boogar a écrit « Bonjour, Entrepreneurs ». Dans cette tribune, ce natif de la Silicon Valley résidant à Paris explique à nos créateurs d'entreprise comment défendre le dynamisme économique de leur pays. We Demain l'a traduit avec l'accord de l'auteur, créateur du blog américain RudeBaguette  dédié aux start-ups françaises.

 
« Tiens, un énième article sur le French-bashing.
Voilà qui viendra confirmer les préjugés et renforcer les stéréotypes
chez un public déjà acquis. »

 
Telle fut ma première réaction devant l’article de Liz Alderman dans le New-York Times : « Au revoir, entrepreneurs ». Plus je découvrais le style catastrophique et la piètre argumentation de l’auteur, plus je sentais la colère monter. Je décidais d'agir. Il y a quelques vérités simples à retenir sur l’écosystème entrepreneurial français, qui permettent de répondre rapidement à ce French-bashing de comptoir.
 
1) Le financement des start-ups explose en France depuis 2011 (près d’un milliard d’euros l’an dernier).
2) Aucune donnée chiffrée ne permet d’affirmer que les entrepreneurs quittent massivement l'Hexagone. Ceux qui partent ont simplement tendance à crier plus fort que ceux qui y restent. Et les statistiques montrent que la France est cinquième en Europe pour le nombre d’expatriés, quand l’Angleterre, pays de résidence de notre chère journaliste, est première.
 
« Aucune donnée chiffrée ne permet d’affirmer que les entrepreneurs
quittent massivement l'hexagone. »
 
3) Lancer une boite en France peut-être compliqué, mais cela ne devrait pas vous en dissuader. Je déteste la paperasse et je dirige une entreprise française. Et puis je doute que les investisseurs soient ravis d’entendre « je suis venu au Royaume-Uni parce que je n’aime pas remplir des formulaires »
4) Ceux qui partent à l’étranger ne partent pas pour leur entreprise. Ils partent tout simplement partent parce qu’ils en ont envie.

L'article du New-York Times peint une France ou il est impossible d'entreprendre © Andrew Testa
L'article du New-York Times peint une France ou il est impossible d'entreprendre © Andrew Testa
Mais je prêche dans le vide. L’article du New-York Times est déjà en ligne. Il fait sans doute le tour des réseaux sociaux et servira de munitions à tous les adeptes du French-bashing.
 
Aux armes, entrepreneurs !
 
Entrepreneurs français ! Vous ne pouvez pas accélérer la réforme fiscale. Pas plus que vous ne pouvez modifier le droit du travail. Par contre, vous pouvez éduquer la communauté internationale.
 
 - Mémorisez votre ABCDaire : Appsfire, Blablacar, Criteo, Dailymotion, dEezer. Répétez le dix fois. Dégainez le dès que l’on vous demande « Comment diable peut-on monter une start-up en France ? »
 - On investit bien plus en France qu’en Allemagne. Si Londres est numéro un du capital-risque en Europe, la France est juste derrière.
 - Le siège d’Apple était d’abord à Paris. Et ce parce que Steve Jobs admirait les inventeurs et designers français.

Les start-upers français doivent bien comprendre que des articles comme celui du New-York Times se nourrissent de leur piètre capacité à défendre la France, où qu’ils soient. Avez vous déjà vu un entrepreneur irlandais enrager parce qu’il n’y pas de vol direct pour San Francisco à Dublin ? Avez vous déjà entendu un entrepreneur allemand se plaindre de ce que les seuls projets qui soient financées Outre-Rhin soient de médiocres reprises de modèles de commerce électronique dépassés ? La réponse est non.

Rendez coup pour coup
 
À celui qui vous assène qu’« il y a trop de taxes en France », vous répondrez : « Je subventionne toute ma recherche et développement grâce aux aides publiques (jusqu’à 100 000 euros par an), et mon entreprise à un statut de jeune start-up indépendante qui l’affranchit des taxes sur l’emploi des ingénieurs. »
 
À celui qui vous rabâche que « le marché du travail est trop rigide en France », vous répondrez : « tous mes employés commencent avec une période d’essai d’une durée légale de six mois, durant laquelle je suis autorisé à m’en séparer quand je veux. La plupart des lois contraignantes sur l’emploi en France ne s’appliquent pas aux entreprises de moins de 50 salariés ; comme What’s app, récemment rachetée 19 milliards de dollars. »

Ceux qui construisent de grandes entreprises n’ont pas le temps de se plaindre de leur malheur ou de trainer dans les espaces de co-working parrainés par Google. C'est le cas, notamment, de Fred Mazzella (fondateur de Blablacar), Eric Careel (PDG de Withings) et Daniel Marhely (co fondateur de Deezer).
 


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