Back Market, le vendeur d'appareils reconditionnés qui veut « faire trembler Darty »

Par I Publié le 27 Janvier 2015

Cette nouvelle plateforme veut démocratiser le réemploi des smartphones et tablettes. Réparés, reconditionnés, ces appareils y sont revendus moins cher que le neuf. Une filière plus écologique que celle du recyclage, qui apporte aussi de meilleures garanties que le marché de l'occasion.


Source: Jon Fingas @Flickr
Source: Jon Fingas @Flickr
Comment réduire l’impact écologique de nos téléphones portables ? C’est la question que se posent Thibaud, Quentin et Vianney, un après-midi de mars 2014, alors qu’ils font leurs courses dans une supérette bio de région parisienne.

Les trois trentenaires le savent : le recyclage des téléphones usagés s'est développé ces dernières années, atteignant 30 % des appareils mis sur le marché. Mais cela implique ensuite la fabrication de nouveaux téléphones, qui demeure l'étape la plus polluante du cycle de vie de ces appareils. Par exemple, 80 % des émissions de CO2 d’un iPhone 6 se font lors de sa production.

Une pratique à démocratiser

Heureusement, il existe une alternative au recyclage : le réemploi, c'est à dire la récupération des appareils (retours clients, rachat par les opérateurs...), suivie de leur réparation et de leur reconditionnement. En France, ce secteur fédère des usines et des ateliers, dont beaucoup sont à vocation sociale, comme les 49 entreprises du réseau Envie. Pour autant, moins d’1 % des déchets électroniques et électriques (DEE) sont aujourd’hui « réemployés ». Limitée aux Smartphones haut de gamme, cette offre reste peu connue du grand public, qui en ignore les garanties, voire, la confond avec le marché de l'occasion.

Thibaud et Quentin connaissent déjà bien le secteur, et pour cause : ils sont salariés de Neteven, une plateforme qui fait le lien entre les reconditionneurs et quelques revendeurs comme fnac.com. Vianney, lui, travaille pour BETC Start-up Lab, un incubateur de startups... et rêve de créer la sienne. Pour répondre au déficit de notoriété du reconditionnement, les trois Franciliens imaginent alors Back Market avec l'aide de NUMA. Leur idée est de créer une plateforme unique mettant directement en relation les ateliers de reconditionnement et les consommateurs. Et ainsi, de faire du reconditionné une véritable alternative au neuf.

Exemple de fiche produit
Exemple de fiche produit

Lutter contre l'obsolence programmée et le gaspillage

Lancée en novembre 2014, leur plateforme s'attache avant tout à rassurer le client : chaque produit collecté est entièrement révisé, réparé, et doté d'une garantie de six mois minimum. Les appareils, vendus jusqu’à 75 % moins cher que le neuf, sont associés à une fiche récapitulant ces opérations. En outre, le site permet au consommateur de noter les usines de reconditionnement (six à ce jour), dont chacune a été sélectionnée par Back Market après une visite de ses locaux.

Le but affiché de Back Market est de faire du « re-made in France » et de lutter contre l’obsolescence programmée en « rendant cool le ré-usage », explique Vianney Vaute. Mais à terme, l'objectif est aussi de « faire trembler Darty », car la start-up entend aller bien au delà des téléphones, en se positionnant aussi, dès février, sur les secteurs de l’informatique et de l’électroménager.

Sur le plan écologique, l'enjeu est majeur. Chaque Français produit en moyenne 21kg de DEE par an, dont moins de 30 % sont aujourd'hui collectés par les éco-organismes. Le reste, plus d’un million de tonnes (l’équivalent de 25 porte-avions Charles de Gaulle) finit généralement brûlé dans des décharges illégales en Afrique ou en Inde, détruisant l’environnement et la santé de milliers de personnes.

Jean-Jacques Valette
Journaliste We Demain



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