Gérard Leclerc
Éditorialiste politique à We Demain. Il a notamment travaillé pendant une vingtaine d'années à... En savoir plus sur cet auteur

"C'était mieux avant", ou l'histoire d'une France qui refuse tout changement

Tribune.

Par I Publié le 9 Février 2016

TRIBUNE. Par Gérard Leclerc, éditorialiste politique à We Demain.


"Non, tout n'était pas mieux avant", campagne du Mouv' (Crédit : Le Mouv')
"Non, tout n'était pas mieux avant", campagne du Mouv' (Crédit : Le Mouv')
Le "c’était mieux avant" fait des ravages. En son nom, qui est le degré zéro de la pensée, la France se crispe et refuse tout changement, en l’habillant bien sûr de grands principes. Tout est prétexte au conservatisme le plus étroit.

La bataille de l’orthographe : les beaux esprits crient au "français qu’on assassine" quand l’école autorise nénufar avec un f ou ognon sans i… Alors que c’était la bonne orthographe jusqu’au début du XXème siècle ! Le débat sur la déchéance de la nationalité serait passionnant, s’il n’avait pas sombré dans l’hystérie, avec les inévitables références à Vichy ou Hitler…

"C’était mieux avant", bien sûr, quand les VTC n’existaient pas et que les taxis usaient et abusaient d’une profession fermée en refusant toute évolution : carte bancaire, géolocalisation, et bien sûr nouveaux concurrents. "C’était mieux avant" pour une agriculture qui a pourtant toujours connu des crises, et dont le modèle est aujourd’hui dépassé, faute de s’être adapté : la France est le pays qui utilise le plus de pesticides, doit importer du bio, subit sur le sol national les prix cassés par la grande distribution ultra-puissante, et se fait battre à l’exportation sur les marchés porcins et laitiers par l’Allemagne : cherchez l’erreur…

Gérard Leclerc (Crédit : DR)
Gérard Leclerc (Crédit : DR)

Un pays incapable de se projeter dans l'avenir

"C’était mieux avant" avec les vieilles industries – sidérurgie, textile, réparation navale – dans lesquelles on a englouti à perte des milliards quand les États-Unis investissaient dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication où elles dominent aujourd’hui le monde avec les "Gafam" (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). On pourrait multiplier les exemples d’un pays bloqué, tourné vers le passé et incapable de se projeter dans l’avenir. 

À l’arrivée, le pays le plus pessimiste du monde, est hélas aigri : un récent sondage indiquait ainsi que pour une majorité de nos concitoyens la tragédie des migrants avec les milliers de femmes et d’enfants qui périssent en mer, inspirait la peur plutôt que la compassion…

Remettre en question notre façon de penser

Un pays où les politiques – comme l’écrit justement Jacques Attali  – n’ont pas de vision à 20 ans et donc pas de volonté de réformes comme les Allemands l’ont fait sous Schröder et les Italiens avec Renzi. (Mais les politiques ne sont-ils pas à l’image de ceux qui les élisent ?).

Un pays où nombreux sont ceux qui continuent à penser qu’on s’en sortirait mieux sans l’Europe, qui fait semblant de croire que la forte croissance des 30 glorieuses va revenir régler tous les problèmes, que la menace environnementale "c’est de la blague", ou que toute idée nouvelle, comme le revenu universel, est forcément mauvaise car elle oblige à remettre en question nos façons de penser. Un pays "fatigué, vieilli, usé" et donc parfois désespérant…



1.Posté par OnZeRodOfTek99 le 16/02/2016 16:42
.....

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Abonnez-vous à notre newsletter et, en cadeau de bienvenue, accédez à notre Ebook WE DEMAIN




WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE