Cohome, la plateforme qui permet aux freelances de "co-worker" à la maison

Par Juliette Mauban - Nivol I Publié le 18 Février 2016

Squatter quasi gratuitement le salon d'un indépendant pour "coworker" à ses côtés : C’est le service que la plateforme Cohome proposera à tous les travailleurs solitaires à partir de début mars.


Céline Martinet et Laura Choisy, les co-fondatrices de Cohome (Crédits : Cohome)
Céline Martinet et Laura Choisy, les co-fondatrices de Cohome (Crédits : Cohome)
Nous sommes en 2014. Comme la plupart des micro-entrepreneurs, Laura Choisy, consultante en communication web des ONG et spécialiste de l’économie sociale et solidaire, et Céline Martinet, développeuse informatique, travaillent depuis leur domicile respectif.

Les deux femmes se rencontrent lors d’un meet-up, l'une de ces réunions de partage de compétences entre personnes freelance. Très vite, les leurs se révèlent compatibles. Elles s’associent alors pour lancer Cohome, un service de co-working à domicile destiné aux travailleurs sans bureau fixe, dont la plateforme ouvre officiellement le 7 mars.

"Chez soi, on dispose de tout ce dont on a besoin pour une journée de travail, bureau, connection internet, thé, café… Mais on reste seul. Or il n'existait aucune plateforme de mise en relation des free-lances dans notre situation", déplore Laura.
 
À LIRE AUSSI : Comment Amsterdam a réduit ses embouteillages de 20% grâce au coworking

 

La routine du co-homing (Crédit : Cohome)
La routine du co-homing (Crédit : Cohome)

"Le but n’est pas de se faire de l’argent"

Le principe est simple : Via une plateforme de réservation de "cohoming", le travailleur indépendant peut réserver une place chez un autre freelance, qui propose son appartement pour une journée de travail, ou simplement pour quelques heures. Ce dernier indique dans son annonce jusqu’à combien de personnes il peut accueillir, et reste chez lui pour travailler aux côtés de ceux qu’il reçoit. Laura Choisy précise :
 
"Une somme modique est demandée, souvent 4 ou 5 euros, en guise de participation au thé, au café, aux snacks… On sensibilise nos utilisateurs au fait que le but n’est pas de se faire de l’argent. L’idée n’est pas de louer son appartement à des travailleurs mais de soulager leur solitude".

Et malgré l’euro prélevé par Cohome sur chaque réservation "pour couvrir les frais de plateforme et de développement", l'entrepreneuse l'assure : sa plateforme restera purement collaborative.
 

Trois "cohomers" concentrées (Crédits : Cohome)
Trois "cohomers" concentrées (Crédits : Cohome)

Des professionnels issus des milieux les plus divers

La plateforme n'est pas encore ouverte mais le service existe déjà. En mai 2015, pour tester le concept, Laura Choisy et Céline Martinet invitent les différents indépendants de leur carnet d’adresse à rejoindre un groupe Facebook privé et y postent la première annonce de partage de domicile pour une journée de travail.

Depuis, le groupe qui compte aujourd’hui 220 membres, a permis l’organisation d’un peu plus de 60 journées de "co-homing". Si la plupart des offres restent effectuées en Île-de-France, le concept est spontanément apparu à Lyon, via Facebook.

 
À LIRE AUSSI : Aux Pays-Bas, ils troquent leurs bureaux contre des mobil-homes solaires


"Les utilisateurs reviennent systématiquement. Il y en a qui sont là à chaque journée que nous organisons", se réjouit Laura Choisy. La plupart des adeptes du service ont entre 25 et 35 ans. Ils sont majoritairement issus des métiers du web, de la communication et du graphisme. Le monde du business et des start-up est aussi représenté.
 
"Les espaces de coworking existants sont souvent bruyants, trop chers, et restent finalement des lieux de solitude".

À l'inverse des journées de "co-homing" qui, selon Laura Choisy, mêlent sérieux et convivialité. Elles permettent aussi la rencontre de différents professionnels susceptibles de collaborer, et à petit prix. Des interactions rendues possibles par le partage d'un moment en petit comité, dans l'espace chaleureux d'un salon.

Des "cohomers" moins concentrés (Crédits : Cohome)
Des "cohomers" moins concentrés (Crédits : Cohome)
"Premières utilisatrices de [leur] service", les deux créatrices de Cohome ont pris l'habitude de recevoir chez elles des "cohomers", et vice versa. Elles espèrent pouvoir se rémunérer avant la fin de l'année 2016, en généralisant le service en France et à l'étranger.


Abonnez-vous à notre newsletter et, en cadeau de bienvenue, accédez à notre Ebook WE DEMAIN




WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE