Copenhague, première capitale européenne neutre en carbone d'ici 2025 ?

Par Eric Tariant I Publié le 11 Décembre 2015

Paradis des éoliennes et du vélo, la capitale danoise se distingue aussi par son système révolutionnaire de chauffage urbain. Volontarisme politique, engagement citoyen… Notre reporter est allé découvrir les secrets de cette ville écologique.


La ville économise 230 millions d'euros grâce à la pratique du vélo (Crédit : Moyan Brenn/FlickR)
La ville économise 230 millions d'euros grâce à la pratique du vélo (Crédit : Moyan Brenn/FlickR)
À Copenhague, le temps est frais et le ciel, couvert. Un bateau de pêche quitte le port de Scanport, à quelques kilomètres de l’aéroport, au sud de la capitale, et met le cap vers vingt éoliennes alignées au large. Réunis sur le pont arrière, neuf cadres de compagnies électriques nippones font cercle autour de Hans Christian Sørensen, spécialiste de l’éolien offshore.

"Lors de la crise pétrolière de 1973, le Danemark était très dépendant du pétrole. Nous avons souffert des restrictions d’énergie et avons pris conscience qu’il fallait mettre un terme à cette dépendance en misant sur les énergies renouvelables. Nos premières turbines ont été construites dès la fin des années 1970", explique le membre du conseil d’administration de l’Association danoise des propriétaires d’éoliennes.

Après une demi-heure de navigation, le bateau accoste. Au programme de la matinée : l’ascension d’une de ces éoliennes aux ailes de géant. L’un après l’autre, les visiteurs s’agrippent aux barreaux des échelles et escaladent les onze plateformes jusqu’au sommet. Depuis la nacelle perchée à cent mètres au- dessus des flots, on aperçoit, en direction de Malmö, une enfilade de turbines – qui sont suédoises.

Trois éoliennes terrestres et sept nouveaux mâts d'ici 2018

De retour sur la terre ferme, Sørensen s’attaque, PowerPoint à l’appui, à une présentation de Middelgrunden, la première ferme offshore danoise détenue par une coopérative. Installée au cours de l’été 2000, elle se compose de vingt turbines de 2 mégawatts qui fournissent de l’électricité à 32 000 ménages de la capitale danoise. Lancé au milieu des années 1990 par l’association Copenhague Environnement, le projet a été cofinancé par 8 500 habitants.
 
"Au Danemark, l’engagement en faveur de l’éolien est venu des citoyens. Nous avons organisé de nombreuses réunions publiques et invité les riverains à se rendre sur le site de Middelgrunden. La propriété collective des turbines par des habitants est le meilleur moyen d’éviter le syndrome Nimby [Not in my backyard, “Pas dans mon arrière-court”]", souligne Sørensen.

D’ici à 2018, Copenhague verra pousser trois éoliennes terrestres et sept nouveaux mâts dans le port. Et dans dix ans, elle aura installé 100 turbines d’une capacité totale de 360 mégawatts. Capitale verte de l’Europe en 2014, la ville collectionne les prix environnementaux. Copenhague a adopté un plan drastique de réduction de ses émissions de CO2. Celles-ci doivent passer de 1,9 million de tonnes en 2015 à 1,16 million de tonnes en 2025. Les principales sources d’émissions sont l’électricité (48 %), le chauffage (24 %) et les transports (24 %).

La municipalité met l’accent sur les économies d’énergie et l’efficacité énergétique. Elle multiplie les travaux de rénovation énergétique de bâtiments publics et d’immeubles d’habitation anciens et crée de nouveaux écoquartiers comme celui de Nordhavn. Elle s’emploie, surtout, à remplacer le charbon par la biomasse dans son réseau de chauffage urbain. Ce système de cogénération d’électricité et de chaleur, qui est l’une des pièces maîtresses de sa politique énergétique, couvre aujourd’hui 98 % des besoins.

La ville s'est fixée comme objectif d'être neutre en carbone dans 10 ans (Crédit : DR)
La ville s'est fixée comme objectif d'être neutre en carbone dans 10 ans (Crédit : DR)

Géothermie profonde et extraction de l'énergie contenue dans les eaux usées

"Le réseau de chauffage urbain par cogénération est le meilleur qui existe du point de vue de l’efficacité énergétique. Il permet de réduire de manière importante les émissions, explique Magnus Foged, consultant en chef chez l’énergéticien Hofor. Il émet 50 % de CO2 de moins qu’une chaudière à gaz individuelle, et 60 % de moins qu’une chaudière au fuel." Aussi la ville s’emploie-t-elle à convertir son réseau, de façon à produire chaleur et électricité uniquement à partir d’énergies renouvelables – pellets et copeaux de bois importés des pays voisins – et de déchets incinérés.

Dans un futur proche, la municipalité investira également dans la géothermie profonde afin de récupérer la chaleur des nappes aquifères. Dernier projet : l’extraction, à l’aide de pompes à chaleur, de l’énergie contenue dans les eaux usées des personnes privées, des sites industriels et autres data centers, afin de la réutiliser.

 
"Notre réseau de chauffage urbain est le plus important au monde. C’est un maillon essentiel de notre plan climat, observe avec fierté Jørgen Abildgaards, le directeur du projet Copenhague 2025, depuis son bureau de l’île de Brygge. Notre objectif est de réduire les émissions de CO2 tout en misant sur la croissance verte. Nous voulons montrer ce que peut faire une grande ville pour opérer cette transition, et comment."

Le "serpent cyclable" qui relie le port au quartier très prisé de Vesterbro, est emrpunté chaque jour par 11 500 cyclistes (Crédit : DR)
Le "serpent cyclable" qui relie le port au quartier très prisé de Vesterbro, est emrpunté chaque jour par 11 500 cyclistes (Crédit : DR)

Un trafic de vélos qui a augmenté de 25 %

Pour réduire les émissions de CO2 dans les transports, la capitale danoise mise sur le vélo – l’un des points forts de sa politique de mobilité. Aujourd’hui, près de 40 % de ses habitants l’utilisent tous les jours, pour leurs déplacements personnels ou professionnels. Elle a décidé que 75 % des déplacements se feront, en 2025, à pied, à vélo ou en transports en commun. En 2014, la ville, qui compte déjà 350 kilomètres de pistes cyclables, a inauguré une nouvelle voie réservée aux deux-roues. 

Perché au-dessus des flots, le "serpent cyclable" – c’est son nom – permet de relier le port au quartier très prisé de Vesterbro. Résultat ? Le trafic des vélos a aussitôt augmenté de 25 % sur cet itinéraire désormais emprunté chaque jour par 11 500 cyclistes. Une étude récente a montré que Copenhague économise 230 millions d’euros de frais de santé grâce à la pratique du vélo, qui contribue à réduire la pollution et à maintenir les habitants en forme. "Chaque kilomètre parcouru à vélo coûte 8 centimes à la collectivité, contre 50 centimes en voiture", note Stefan Gössling dans les colonnes du magazine Ecological Economics.

Pour améliorer la qualité et la rapidité de ses transports en commun, Copenhague est en train d’ouvrir de nouvelles lignes et stations de métros. Elle a multiplié les voies réservées aux bus pour réduire les temps de trajet. Et d’ici à 2025, son parc de véhicules devrait être entièrement équipé d’automobiles vertes fonctionnant à l’électricité, à l’hydrogène ou avec des biocarburants de deuxième ou troisième génération.

Et un nouveau parc de BMW électriques en autopartage est à l’étude. Copenhague parviendra-t-elle à devenir neutre en carbone dans moins de dix ans ? "C’est une décision courageuse et un challenge important pour la ville, insiste Søren Dyck- Madsen, qui dirige le Danish Ecological Council, une ONG verte influente. Cet objectif ambitieux l’aide à booster son efficacité énergétique et à accélérer ses investissements dans l’éolien."

Eric Tariant






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