Daan Roosegarde veut sauver la Chine de l'asphyxie

Par Julien Millanvoye I Publié le 2 Juillet 2014

Ce designer néerlandais est en discussion avec Pékin et Shanghai pour y implanter sa dernière création : un système d’aspirateur à pollution permettant de créer
 des bulles d’air pur dans les parcs. En rappelant aux Chinois ce qu’est un air respirable, Daan Roosegaarde entend accélérer la transition écologique des villes.


« C’est là que j’ai sorti la bague de ma poche de veste. » La voix assurée, bien que teintée d’un enthousiasme amusé, Daan Roosegaarde rigole lui-même du bon tour qui vient de se jouer dans le bureau du maire
 de Shanghai, en présence de ce dernier et de l’ambassadeur des Pays-bas en Chine. La bague en question est composée de suie, de particules fines
 et de dioxyde de carbone, tous ces nouveaux parasites émis par les grandes villes du monde et dont on tente de protéger nos poumons. Compressée à l’extrême et sertie sur un anneau d’or, la poussière sale se transforme en
 un diamant noir ébène. « Je l’ai posée sur la table et je leur ai dit : je suis inspiré par votre smog. »
 

Smog Project

« Paris, j’ai pris ta boue et j’en ai fait de l’or », se flattait Baudelaire. Voilà aussi ce que ce designer néerlandais de 34 ans fait de nos poussières. Plus précisément : une bague en or, dont un seul exemplaire vendu permet de financer « le nettoyage de 1 000 m3 d’air pollué », affirme
 Daan Roosegaarde, à la tête d’un studio de design où une quinzaine de salariés
– électriciens, ingénieurs, développeurs – travaillent en permanence à la concrétisation de ses projets.

Le dernier en date s’appelle Smog Project. Le 
smog – contraction de smoke, « fumée » et de fog, « brouillard » – est cet épais nuage de pollution qui stagne au-dessus de certaines concentrations urbaines 
et industrielles. Smog Project entend donc épurer l’air pollué, de Chine
 ou d’ailleurs, à l’aide de mini-aspirateurs à particules. N’y voyez pas la folie d’un esprit trop ambitieux. Pas question
 ici de balancer sur Pékin des milliers de drones équipés de petites bouches avides de poussières grisâtres, mais simplement de créer dans les parcs quelques espaces d’air pur, circulaires, de 40 à 70 m de diamètre (...)

La suite dans We Demain n°7 !

Julien Millanvoye
Journaliste




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