"Décarboner" nos voitures, c'est bon pour la planète... et l'économie française

Par I Publié le 30 Novembre 2015

La passage de notre parc automobile aux technologies à bas carbone (électricité, hydrogène) pourrait créer 66 000 à 71 000 emplois d'ici à 2030, tout en faisant chuter de 40 % les émissions de CO2 de nos voitures.


La réduction de nos émissions de CO2, incompatible avec la croissance économique ? Pas pour l'industrie automobile française. Selon une étude du cabinet Cambridge Econometrics parue le 25 novembre, la transformation de notre parc de véhicules à l'aide des technologies à bas carbone pourrait créer 66 000 emplois d'ici à 2030 et réduire ses émissions de 40 %. Le tout assorti d'une économie de 5,9 milliards d'euros annuels sur notre facture pétrolière.

Menée par un consortium d'entreprises et d'ONGs (Renault, Michelin, ERDF, Air Liquide, Fondation Nicolas Hulot et la CFDT métallurgie notamment), cette étude appelle les pouvoirs publics et l'industrie à encourager cette transition dès maintenant pour atteindre les objectifs européens de réduction des émissions du transport, fixée à 60 % d'ici à 2050.


En 2035, tous les nouveaux véhicules seront zéro émissions

Le défi est ambitieux : avec une durée de vie moyenne des véhicules en France de 14,5 années, il faudrait qu'aux alentours de 2035 tous les nouveaux véhicules soient "pratiquement zéro-émission à l’échappement" selon les auteurs.

Mais comment faire ? Et combien cela coûtera-t-il ? Pour répondre à ces questions, les chercheurs ont agrégé au sein d'un modèle mathématique les coûts prévisionnels de l'énergie, les données technologiques et les habitudes de consommation des Français.


65 % de voitures électriques en 2050

Pour les auteurs du rapport, il faudra adopter simultanément plusieurs technologies vertes si nous souhaitons atteindre ces objectifs. Tout d'abord les véhicules, qu'ils soient thermiques ou non, devront s'alléger grâce à une utilisation accrue d'aluminium et de matériaux composites.

Accompagné de progrès en matière de motorisation et de résistance aux roulements, cet allègement devrait réduire la consommation des véhicules de 15 % d'ici à 2030 et jusqu'à 25 % en 2050. Le surcoût de telles évolutions pour un véhicule thermique représenterait 2 166 euros en 2030. Une somme rapidement amortie par les automobilistes qui verraient leur facture à la pompe réduite de 590 euros par an.


Selon le rapport, le nombre de véhicules hybrides devrait également augmenter rapidement, pour représenter 20 % des ventes en 2020 et 42 % en 2030. Les véhicules électriques, eux, devraient connaître une croissance encore plus forte, passant de 5 % des ventes en 2020 à 30 % en 2030, pour finalement atteindre 65 % en 2050.

Ce qui laisse entrevoir une telle évolution ? Une parité de coût entre une voiture thermique et électrique, attendue dès 2025. L'hydrogène, selon les auteurs du rapport, devrait quant à lui rester en retrait, avec 7 % des véhicules vendus en 2030 et 25 % en 2050. En cause, le manque d'infrastructures de recharge, même si 600 stations devraient être bâties d'ici 2030. 
 

6,1 milliards d'euros d'investissements

Pour les auteurs du rapport, il ne fait pas de doute que l'avenir est sera à l'électrique. Sans augmenter ses capacités de production d'énergie, la France pourrait, selon eux, intégrer 4 millions de véhicules à son parc automobile et jusqu'à 20 millions en utilisant des techniques de "charge intelligente" qui permettent au réseau d'utiliser les batteries des véhicules pour stocker des énergies renouvelables.

Le renforcement du réseau et l'installation de bornes ne coûterait alors que 10 millions d'euros par an, contre 150 millions avec une charge normale.

Cette transition énergétique de nos véhicules, dont le coût total est estimé à 6,1 milliards d'euros en 2030, serait facilement amortie, estiment les auteurs de l'étude. En plus des économies de pétrole de 5,9 milliards, ils estiment que les producteurs d'électricité et d'hydrogène devraient gagner 3,1 milliards d'euros par an en 2030. Autant d'argent qui sera investit localement, contrairement à celui du pétrole. Sur le front de l'emploi, ceci se traduira par une création nette de 66 000 à 71 000 postes d'ici à 2030. 


Moins 92 % de particules en 2050

Avant l'économie, les premiers bénéficiaires de cette transition seraient la santé et l'environnement. Selon le scénario développé dans le rapport, les émissions de CO2 baisseraient de 40 % d'ici 2030, celles d'oxydes d'azote (NOx) de 72% et les particules fines de 92 %. Et d'ici 2050, la réduction des émissions de CO2 de nos voitures devrait atteindre 86 %.

"Cette transition (...) ne se fera pas sans volonté politique", insiste le rapport, qui appelle les pouvoirs publics à multiplier les mesures fiscales incitatives, à faciliter les mises aux normes des véhicules bas carbone et à investir dans les infrastructures. 






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