Des ingrédients toxiques dans les cosmétiques ? Fabriquez-les vous-même !

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I Publié le 7 Avril 2016

Ingrédients douteux, effets néfastes sur l'environnement... La face cachée de certains produits de beauté industriels effraie. Une solution ? Fabriquer soi-même ses cosmétiques avec des éléments naturels. Les boutiques qui les proposent connaissent un beau succès.


Huile pour massage drainant anti-cellulite ( Crédit : Aromazone )
Huile pour massage drainant anti-cellulite ( Crédit : Aromazone )
"Faites la chasse aux cosmétiques toxiques ! " titrait 60 millions de consommateurs  en octobre. La raison ? Sur les 93 produits testés par le magazine, plus de la moitié contiennent un ou plusieurs composants allergisants, irritants voire douteux. De quoi convertir ceux qui hésitent encore à passer aux "cosmétiques maison", ces produits de beauté que l’on fabrique soi-même à partir d’huiles végétales ou essentielles et d’extraits de plantes. Mode éphémère ou tendance durable ?


Seule certitude : la vague du do it yourself  déborde largement les sphères du bricolage, de la cuisine et de la rénovation pour venir mouiller la cosmétologie. Il s’est écoulé 25 000 exemplaires du livre de Béa Johnson Zéro déchet (Les Arènes, 2013), dont un chapitre est consacré à la fabrication de crèmes de jour, baumes à lèvres, fixateurs de cheveux et autres produits indispensables à la toilette des coquettes. Deux ans après sa parution, cet ouvrage reste la meilleure vente de la rubrique "déchets et recyclage" d’Amazon. 
 


AROMA-ZONE, qui depuis 2000 vend en ligne flacons et ingrédients pour faire ses produits de beauté soi-même, a ouvert en 2014 un spa boutique à Paris ( Crédit : Jérôme Mondière )
AROMA-ZONE, qui depuis 2000 vend en ligne flacons et ingrédients pour faire ses produits de beauté soi-même, a ouvert en 2014 un spa boutique à Paris ( Crédit : Jérôme Mondière )

"Le retour à la lenteur dans l’élaboration d’un produit est devenu le garant du bon et du beau"

​Autre succès littéraire, Adoptez la slow cosmétique de Julien Kaibeck (éd. Leduc.s, 2012), a séduit 30 000 lectrices et cartonne également sur Amazon (numéro 1 de la rubrique "coiffure et maquillage"). Le volume 2, Slow Cosmétique. Le guide visuel, paru en avril, devrait connaître le même destin. Et que dire de celui d’Aroma-Zone, une société qui vend en ligne  des ingrédients naturels pour concocter soi-même des cosmétiques réputés aussi sûrs et efficaces que ceux distribués dans le commerce ?

Chaque mois, son site reçoit plus de 1,5 million de visites et les 450 m de sa boutique ouverte en février 2014 dans le 6 arrondissement de Paris ne désemplissent pas. "Le retour à la lenteur dans l’élaboration d’un produit est devenu le garant du bon et du beau", affirmait en 2014 le sociologue Ronan Chastellier dans Le Monde pour expliquer le succès de cette entreprise familiale. 

"Depuis le scandale du parabène, les clients veulent contrôler ce qu’ils se mettent sur le visage, et exigent aussi parfois de connaître la composition des produits pour des raisons écologiques",


Crème corps apaisante à la lavande ( Crédit : Aroma-zone )
Crème corps apaisante à la lavande ( Crédit : Aroma-zone )

complète Émilie Jolibois, experte des ingrédients cosmétiques chez Aroma-Zone, à propos de la très controversée huile de palme. La liste des suppliques ne s’arrête pas là. Les cosmétiques maison attirent également les déçus de l’industrie pharmaceutique – dont les campagnes publicitaires promettent de retrouver une peau de bébé même après 50 ans –, les aficionados des loisirs créatifs et bien sûr les fauchés.

"On peut fabriquer une crème de base pour 2 à 4 euros seulement"

annonce Émilie Jolibois. Le prix modique de ces produits s’explique notamment par l’absence de coûts de marketing et d’emballage. Un argument qui ne convainc qu’en partie Joyce, comédienne de 27 ans : "Quand je fais un saut chez Aroma-Zone, j’en ai toujours pour une fortune, car comme c’est loin de chez moi, je fais systématiquement le plein d’ingrédients. Seul hic : je n’ai pas toujours 40 balles à affecter à mon budget beauté, même si je suis persuadée qu’à la fin ça revient moins cher que d’acheter un article industriel."


Poudre de cacao bio

"Cela revient moins cher… dans un second temps",  répond Julien Kaibeck, fondateur de Slow-cosmetique.org et auteur des best-sellers cités. À l’écouter, il faut de 100 à 120 euros pour se faire une routine beauté – un démaquillant, une eau florale et une crème hydratante. "L’avantage, c’est que les conditionnements achetés permettent de constituer l’équivalent de plusieurs mois de produits. En outre, les ingrédients peuvent être utilisés pour d’autres applications",  complète-t-il.

( Crédit : Aroma-zone )
( Crédit : Aroma-zone )
Mais la multitude de produits proposés par Aroma-Zone (1 500) et par le site de Slow Cosmétique (plus de 1 000) n’incite-t-elle pas à consommer davantage plutôt que mieux ? Béa Johnson a trouvé la parade : elle se concentre sur les essentiels, ne fabrique que ce qui n’existe pas en vrac, privilégie les recettes multi-usages et, si possible, utilise les produits bruts sans les transformer. Elle a banni vernis et repulpeur de sa trousse de toilette, a cessé de fabriquer savons et shampoings, a étendu la recette de son baume à lèvres au soin de ses ongles et cheveux et a troqué sa crème maison contre une huile de pépins de raisin.

Quant à son fard à paupières, il s’agit 
simplement de poudre de cacao bio. Finalement, avec les cosmétiques naturels, être belle à croquer, c’est presque trop facile.

Sandra Franrenet



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