Des perturbateurs endocriniens dans nos joggings : l'étude choc de Greenpeace

Par Juliette Mauban - Nivol I Publié le 27 Janvier 2016

Après avoir analysé 40 articles de sport, l'ONG affirme que 90 % de nos équipements contiennent des PFC. Ces polymères chimiques menacent non seulement le corps humain, mais aussi la nature. Pour forcer les entreprises à ne plus les utiliser, l'organisation lance une pétition en ligne : Detox Outdoor.


Les équipements outdoor : dangereux pour la santé et l'environnement (Crédit : Zachary Collier/FlickR)
Les équipements outdoor : dangereux pour la santé et l'environnement (Crédit : Zachary Collier/FlickR)
Ils sont partout : dans nos sacs-à-dos, nos vestes, nos tentes... Selon une étude de Greenpeace révélée le 25 janvier, plus de 90 % des vêtements et articles de plein air contiennent des composants perfluorés (PFC). Ces polymères chimiques au " taux de toxicité alarmant" , selon l'ONG, sont utilisés pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes. En clair, pour permettre aux randonneurs et autres amateurs de sport de plein air de conserver leur tente au sec et leurs pieds au chaud. 

Problème : Les PFC sont reconnus comme étant des perturbateurs endocriniens, autrement dit des molécules chimiques qui modifient notre équilibre hormonal. Selon Greenpeace, le danger est d'autant plus important que ces molécules sont présentes dans des équipements dans lesquels l'utilisateur respire et transpire, favorisant ainsi leur absorption par l'organisme. Résultat, l'usage régulier d'un article de plein air peut gravement endommager le corps humain. 
 
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Autre motif d'inquiétude : ces molécules ne sont pas biodégradables. Greenpeace a retrouvé des traces de PFC, "ces faux amis de la nature", dans le foie d'ours polaires, de dauphins et de mammifères marins. Et ce, à différents endroits de la planète, comme l'indique le site de l'ONG
 
"Ces produits chimiques sont très volatiles. Au printemps 2015, [nos équipes] ont mené des expéditions dans huit régions montagneuses et reculées du globe pour y recueillir des échantillons d’eau et de neige. Tous les échantillons prélevés étaient positifs aux PFC, de la Chine à la Russie en passant par les Alpes et la Patagonie. Bien entendu, ces produits polluent aussi l’environnement des régions où les textiles sont fabriqués."

Les PFC se répandent dangereusement dans la nature (Crédit : Snufkin/Pixabay)
Les PFC se répandent dangereusement dans la nature (Crédit : Snufkin/Pixabay)

Levi's, H&M, Benetton... 34 marques s'engagent à la detox

Pour parvenir à de telles conclusions, l'ONG s'appuie sur l'étude qu'elle a menée sur quarante articles de sport d'extérieur, produits par onze marques et commercialisés dans dix-neuf pays. Cette dernière révèle que "l'usage [des PFC] est toujours largement répandu". Un usage que Greenpeace dénonce depuis 2011, année de lancement de la campagne "Detox ".
 
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"Detox" s'élève principalement contre les marques Mammut et The Northface, deux géants de l'équipement outdoor. À ce jour, la campagne a été ralliée par 34 entreprises de textiles (Mark & Spencer, Levi's, H&M, Benetton, Esprit, Adidas, Puma...), qui se sont "engagées à prendre des mesures pour cesser d'utiliser des produits toxiques". Une pétition, "Detox Outdoor ", a été signée par plus de 44 800 personnes afin que "Mammut et The Northface rejoignent Detox". Et fassent ainsi partie d'un ensemble de marques qui s'engagent à ne plus utiliser de PFC dans leurs processus de fabrication.







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