En Jordanie, des réfugiés se font scanner l'oeil pour payer leur achats alimentaires

Par I Publié le 22 Février 2016

Début février, le Programme alimentaire mondial a lancé un moyen de paiement high-tech : le scan de l'iris humain. En Jordanie, 700 réfugiés syriens reçoivent déjà l'aide alimentaire grâce à cette technologie.


Le camp de réfugiés Zaatari, en Jordanie (Crédit : Wikipedia Commons)
Le camp de réfugiés Zaatari, en Jordanie (Crédit : Wikipedia Commons)
Régler ses achats en se faisant scanner les yeux, plutôt qu’en sortant sa carte de crédit ? Cela ressemble à de la science-fiction. Pourtant, depuis début février, ce mode de paiement est utilisé par 700 Syriens dans le camp de réfugiés King Abdullah, en Jordanie.
 
Lancé début février par le Programme alimentaire mondial (PAM), ce système se base sur la banque de données biométriques enregistrées par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ce dernier utilise d'ores et déjà le scannage de l'iris dans plusieurs pays du Proche-Orient, où il remplace l'identification par empreinte digitale. 

L'opération initiée en Jordanie par le PAM et IrisGuard, l'entreprise ayant développé la plateforme de scannage,
permet d'étendre l'usage de cette technologie.

Concrètement, "le camp King Abdullah dispose d'une boutique dans laquelle les habitants peuvent acheter leur nourriture. Cette même boutique est équipée de deux machines de scan en lieu et place des "caisses conventionnelles"", détaille Safae El Bakkouri, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies.

Une fois les denrées alimentaires choisies, il suffit à l'acheteur de faire scanner ses yeux. La vérification de son identité permet de confirmer qu'il est éligible à l’assistance alimentaire aux réfugiés en Jordanie.

Plan aérien du camp King Abdullah en Jordanie (Crédit : ONU)
Plan aérien du camp King Abdullah en Jordanie (Crédit : ONU)

28 euros par personne et par mois

Le paiement s'effectue par l'intermédiaire de la Jordan Ahli Bank, associée au service de e-commerce Middle East Payment System, qui vérifie le solde de chaque utilisateur. Une fois la transaction effectuée, l'usager obtient un reçu imprimé.
 
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Chaque réfugié dispose d'un crédit mensuel de 28 euros, qu'il peut ainsi dépenser à sa guise, sans devoir posséder un quelconque moyen de paiement. Selon Safae El Bakkouri, "ce système plus sécurisé doit [nous] permettre d’offrir une aide ciblée à ceux qui en ont vraiment besoin".

Le scan d'un oeil humain (Crédit :  Laitr Keiows/Wikipedia Commons)
Le scan d'un oeil humain (Crédit : Laitr Keiows/Wikipedia Commons)

Une plaque tournante de la technologie

Grâce à ce dispositif, la PAM espère en finir avec les problèmes administratifs et sociaux qui se posaient en cas de perte, de vol, ou d'oubli du code de la carte électronique qui servait jusqu'alors à acheter de la nourriture.

Fini la fraude également.
"Quand les réfugiés (...) quittent le pays, ils laissent parfois leurs cartes à d’autres personnes qu'ils auraient rencontrées."
 
"Avec le système de scannage de l’iris du PAM, nous perfectionnons l’acheminement de l’assistance alimentaire (...). Le fait que cela se passe en Jordanie est d’autant plus excitant que nous espérons que cela contribuera davantage à faire évoluer le pays en une plaque tournante régionale de la technologie", renchérit le directeur du PAM en Jordanie, Mageed Yahia.

Si l'utilisation de ce nouveau système de paiement s'avère aussi efficace et pratique que l'espèrent ses initiateurs, la PAM les incorporera à l'intérieur et à l'extérieur d'autres camps de réfugiés jordaniens.
 
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Au total, plus de 650 000 réfugiés, majoritairement syriens, vivent actuellement dans le Royaume hachémite, dont 20 % dans les camps.






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