Energies renouvelables : pourquoi les pays en développement vont doubler l'Occident

Par I Publié le 12 Novembre 2014

Un rapport de Bloomberg Energy montre que les énergies vertes croissent deux fois plus vite dans les pays en développement que dans les pays développés. La raison ? Elles y sont déjà plus rentables que les énergies traditionnelles.


Des éoliennes près de la ville indienne de Jaisalmer ©  Nagarjun Kandukuru
Des éoliennes près de la ville indienne de Jaisalmer © Nagarjun Kandukuru
Les énergies renouvelables (ENR), un luxe réservé aux pays riches ? Pas selon le dernier rapport de Bloomberg Energy, qui a disséqué le marché de l’énergie, les investissements dans les ENR, la lutte contre les gaz à effet de serre et le développement des énergies décentralisées dans 55 pays en voie de développement.

Les ENR croissent deux fois plus vite dans les pays en développement

Conclusion : entre 2008 et 2013, la hausse du renouvelable – photovoltaïque, éolien, hydroélectricité, géothermie et biomasse – y a été de 143 %, contre 84 % dans les pays riches, soit presque le double. Parmi les cinq pays leaders du classement - Chine, Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chili - quatre appartiennent aux BRICS. À noter que la Russie, dont l'appartenance aux pays en développement fait débat, ne fait pas partie de l'étude.

Ces chiffres doivent cependant être ramenés à leur valeur absolue : sur la même période, les pays développés ont installé 213 gigawatts (GW) d’ENR contre seulement 142 pour les pays de l’étude. Il n'empêche, le retard des pays en voie de développement en la matière est bien en passe d’être rattrapé. Si l’on s’en tient à la seule année 2013, ceux-ci ont ainsi installé presque autant d’ENR que les pays développés (37 GW contre 43). À ce rythme, les courbes devraient donc se croiser très prochainement.

Les ENR plus rentables que les autres

Comment interpréter un tel décollage ? Si les pays en développement sont les plus menacés par le réchauffement climatique et l'élévation du niveau des mers, ceux ci se tournent d'abord vers les ENR parce qu'elles sont rentables. Au 20e siècle, le manque d’accès au réseau électrique des pays pauvres s’est souvent compensé à grand renfort d’énergies fossiles et polluantes. Il en a résulté un coût de l’électricité très élevé pour nombre de leurs habitants, souligne l’étude. Les ENR, dont les coûts ont baissé et les capacités de production augmenté, leur permettent aujourd’hui d’accéder à une énergie meilleur marché, court-circuitant des réseaux électriques parfois défaillants. « Les énergies propres sont une solution low-cost pour beaucoup de ces pays, explique Ethan Zindler, analyste chez Bloomberg New Energy Finance. Ces technologies sont les plus compétitives aujourd’hui. Pas dans le futur, mais maintenant ! »
 
Autre explication : avec l'explosion démographique et l'accroissement du niveau de vie, les pays en développement doivent faire face à une demande énergétique croissante, favorisant d'importants investissements dans ces énergies renouvelables compétitives pour y répondre. Durant les années à venir, chacun pourra valoriser l’énergie renouvelable qui lui correspond le mieux, explique l’étude. « De grands pays naturellement ensoleillés et venteux tels que l’Inde et la Chine ont un potentiel éolien et photovoltaïque énorme. Les pays à fort relief comme le Népal et le Tadjikistan disposent de bonnes opportunités pour le développement de l’hydroélectricité. Les pays tropicaux, comme l’Indonésie ou le Vietnam ont d’importantes ressources en biomasse. »
 
Côme Bastin
Journaliste We Demain
Twitter : @Come_Bastin


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