Et si l’androgyne était l’avenir du genre humain ?

Par Armelle Oger I Publié le 2 Juin 2014

La récente polémique sur le genre a montré comment notre société a du mal à remettre en cause la différence des sexes, pilier de l’organisation du monde depuis des millénaires. Ailleurs, les choses commencent pourtant à évoluer. En Suède, un pronom unique remplace « il » et « elle » ; l’Allemagne, l’Inde, le Népal ont déjà reconnu le troisième genre ; et une Australienne est la première personne au monde devenue officiellement de genre « neutre ».


« Jadis notre nature n’était pas ce qu’elle est actuellement. D’abord il y avait trois espèces d’hommes et non deux comme aujourd’hui : le mâle, la femelle et, en plus de ces deux-là, une troisième composée des deux autres : le nom seul en reste aujourd’hui, l’espèce a disparu. C’était l’espèce androgyne qui avait la forme et le nom des deux autres, mâle et femelle, dont elle était formée. Ils étaient d’une force et d’une vigueur extraordinaire ; et comme ils étaient d’un grand courage, ils attaquèrent les dieux. Alors Zeus coupa ces hommes en deux. »

Raconté par Aristophane dans Le Banquet de Platon, classique sur lequel ont planché des générations de lycéens, le mythe de l’androgyne est, d’une certaine façon, au cœur de la polémique suscitée par les études de genre. Et la fascination qu’il exerce depuis des temps immémoriaux se trouve étrangement réactivée. Derrière la violence des joutes entre les pourfendeurs de ces études qui alimenteraient sournoisement l’expérience de l’ABCD de l’égalité menée dans certaines de nos écoles primaires et les défenseurs d’un égalitarisme total ; entre ceux qui refusent viscéralement l’idée d’une indifférenciation et désexualisation des genres mettant en péril l’identité humaine et le socle même de notre société et ceux qui militent pour un nouvel « humanisme » fondé sur la fin d’un mode de pensée binaire opposant masculin et féminin, affleure bien la figure archétypale de l’androgyne.

D’andros, « homme » et gunê,
 « femme », l’androgyne est, pour
 Platon – qui, selon Jean Libis, professeur de philosophie et auteur
du Mythe de l’androgyne(1), aurait
été influencé par des croyances
 babyloniennes attestant l’exis
tence d’hommes primitifs androgynes –, cet être originel qui a engendré la vie sur Terre, l’unité des principes opposés, la représentation de l’être réunifié vers lequel nous aspirons. En quelque sorte un homme premier d’avant la chute ou... le Big Bang? « La réunion ou la confusion des sexes en un même individu est un schéma archétypal des sociétés humaines », explique en effet l’enseignant.
 
 



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