L'Allemagne en passe de réussir son tournant énergétique

Par I Publié le 25 Mars 2014

Renouvelables en pleine croissance, balance énergétique positive, coût de l’électricité à la baisse… Les indicateurs de la transition énergique sont au vert Outre-Rhin.


L'Allemagne s'est fixée un objectif de 10 GW d'éolien offshore pour 2020. © Offshore-stiftung/Repower/Jan Oelker
L'Allemagne s'est fixée un objectif de 10 GW d'éolien offshore pour 2020. © Offshore-stiftung/Repower/Jan Oelker
Le « plus grand laboratoire de croissance verte du monde », comme nous le décrivions dans We Demain n°5, serait-il en passe de réussir son pari ? Depuis la publication de ce dossier à l'automne 2013, le tournant énergétique allemand, l’« energiewende  », semble en tout cas faire son chemin. Ce sont les derniers chiffres du Fraunhofer ISE, plus grand centre européen de recherche sur l’énergie solaire, qui le disent. En janvier et février 2014, la production d’électricité éolienne et photovoltaïque a augmenté de 5,5 TWh en Allemagne par rapport à la même période en 2013. Une hausse spectaculaire de 62%.

[Production d’électricité par type d’énergie, janvier/février 2014 versus 2013]

Mieux : en plein hiver, l’énergie produite par les centrales à charbon a elle baissé dans des proportions équivalentes (-4,8 TWh). De quoi tordre le coup à l’idée selon laquelle on compenserait Outre-Rhin systématiquement les lacunes du renouvelable à grand renfort d’énergies polluantes, même si l'emploi du charbon y est encore très important, avec 42 TWh sur la période.
 
L’Allemagne exporte son énergie en France
 
Autre mythe mis à mal par le rapport : nos voisins importeraient une bonne partie de leur électricité. En 2013, l’Allemagne a une balance énergétique positive jusqu’alors inégalée de quelque 30 TWh. À titre de comparaison, la France, premier revendeur d’électricité d’Europe, a exporté 48TWh la même année, selon Réseau de transports d’électricité (RTE). Plus surprenant encore, la France exporte de l'énergie vers tous ses voisins européens plus qu'elle n'importe… sauf vers Allemagne, avec laquelle le solde est importateur à hauteur de 9,8 TWh, toujours selon RTE.

[Balance énergétique allemande depuis 2001]

Le choix fait par l’Allemagne de renoncer à la moitié de sa capacité nucléaire après la catastrophe de Fukushima n’a donc pas conduit à l’effondrement de la production prophétisée par beaucoup. « On assiste à une désinformation totale au sujet de l’Energiewende : ce serait un gouffre énergétique et une catastrophe financière, commente Yves Heuillard, éditeur de Développement durable Magazine. Or, ces chiffres montrent l'inverse. »
« Jamais l'Allemagne n’a exporté autant d’électricité »
« En moins d’un an, l’Allemagne a installé suffisamment d’éoliennes et de panneaux solaires pour compenser l’arrêt de ses sept réacteurs nucléaires les plus anciens. Et jamais elle n’a exporté autant d’électricité », poursuit l'expert. Depuis 2011, les énergies renouvelables ont fait baissé le prix de l’électricité allemande sur le marché de 28%, au grand détriment des producteurs d'électricité carbonée. À l’heure où sont écrites ces lignes, le KWh allemand s’échange contre 3,8 centimes d’euros - 4,9 centimes en France – sur EEX, le marché européen de l’énergie.

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