L’île d’El Hierro signe son indépendance (énergétique)

I Publié le 1 Juillet 2014

Nous vous en parlions dans We Demain n°3 : l’île espagnole d’El Hierro, dans l’archipel des Canaries, s’apprête à devenir la première île au monde à être 100% autonome en électricité grâce aux énergies renouvelables.


Alpidio Armas, président de la région autonome espagnole d'El Hierro, a inauguré ce vendredi 27 juin la centrale hydroéolienne qui permettra à l’île d’être autonome énergétiquement dès la fin de l’année. La centrale Gorona del Viento associe cinq éoliennes et deux bassins, l’un à 700 mètres au-dessus du niveau de la mer, l’autre 650 mètres plus bas. Le parc éolien et l’énergie hydraulique se compléteront pour couvrir l’intégralité des besoins énergétiques de l’île. La centrale fournira également toute l’énergie nécessaire aux usines de dessalement d’eau de mer.

El Hierro est un fleuron de la transition écologique. Alain Gioda, historien du climat et consultant pour le Débat National sur la Transition Energétique, liste pour Médiapart les autres mesures prises par les autorités locales : « fortification des activités traditionnelles avec les coopératives fruitières (bananes et ananas), laitière, fromagère, apicole et celle de la pêche; reforestation, notamment avec des espèces locales ; plantation d’arbres fontaines et pose de filets attrape-brouillard ; redécouverte, sauvegarde et réintroduction du rarissime lézard géant endémique ; passage vers un éclairage public LED, etc. ». Les autorités locales envisagent également de remplacer les quelque 6 000 voitures qu'héberge l'île par des véhicules électriques.

Un laboratoire d'expérimentations

Après presque 30 ans de chantier pour concevoir, financer et construire les installations, l’île de 278 km², classée Réserve de la biosphère de l’Unesco, économisera chaque année les 18 700 tonnes de CO2  et 40 000 barils de pétrole consommés par les 10 000 habitants. « La volonté de freiner la dépendance énergétique vis-à-vis de l'extérieur et la quête d'une gestion plus durable de la production d'eau potable ont été essentiels pour réaliser ce rêve », a déclaré M. Armas à l'AFP

Selon le président de l'île, c'est sa faible démographie et sa petite taille qui en font « une sorte de laboratoire » pour les îles du monde entier. Alpidio Armas se félicite que ce projet soit « considéré au niveau mondial comme pionnier et l’un des plus importants dans la production d’énergies renouvelables ». Plusieurs îles se sont déjà montrées intéressées : Hawaï aux Etats-Unis, Samso au Danemark, Oki au Japon, Aruba aux Pays-Bas et l’Indonésie. 


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