La Grande Convergence selon Hervé Kempf

I Publié le 18 Janvier 2013

Le modèle occidental se répand à l’échelle du monde se heurtant bientôt à un inéluctable « mur écologique ». Afin de faire face aux menaces qui pèsent sur nos sociétés, il nous faut accepter un nouveau paradigme : la Grande Convergence théorisée par Hervé Kempf dans son dernier ouvrage "Fin de l’occident, naissance du monde" (Ed. du Seuil).


Crédit photo : Flickr / pasukaru76
Crédit photo : Flickr / pasukaru76
Grande Divergence
Avec le passage d’une société agraire et artisanale à une société commerciale et industrielle, la Révolution Industrielle a amorcé une surconsommation des populations occidentales et de profonds déséquilibres sur la planète, dès le début du XIXè siècle. En 2010, l’historien américain Kenneth Pomeranz livrait les raisons de cet écart de développement entre Europe et Asie par ce qu’il appela, la Grande Divergence. À la fin du XVIIIè siècle, l’Angleterre et la Chine présentaient des niveaux de développement économique et social quasi équivalents. Forte de sa capacité à exploiter le charbon de son sous-sol et les champs de coton de ses colonies, la Grande-Bretagne est devenue le berceau de l’essor industriel européen.
 
« Appauvrissement matériel »
Depuis, les pays dits du tiers-monde, autrefois assujettis, sont pour beaucoup en voie de développement ou émergents. Ils tentent aujourd’hui de rattraper leur retard et de rejoindre la situation de l’Occident et sa macroéconomie. Certes, des clivages entre Nord et Sud demeurent mais « dans une société où tout tend à converger, niveaux de vie, niveaux de consommation énergétique, la limite écologique fait barrage » explique Hervé Kempf, le fondateur du site écologique Reporterre.net. Face à cette analyse, l’essayiste préconise aux occidentaux d’adopter un « appauvrissement matériel », comprendre : une réduction de la consommation.
 
Oligarchie
Dans les années 1980, une reprise du mouvement des inégalités s’est opérée aux dépends des pays d’Amérique Latine et d’Asie. S’en suivirent des tensions croissantes et des phénomènes de rivalités. L’enjeu étant, pour les plus riches, de maintenir leurs biens. « Un enchaînement qui, s’il perdurait, pourrait conduire à des logiques guerrières ». Selon Hervé Kempf, les classes oligarchiques n’en deviennent que plus autoritaristes. Ce conservatisme pourrait se révéler une source de conflits.
 
« Écologiser les économies »
Afin de ne pas aboutir à de telles conséquences, l’auteur de L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie note l’impératif de redessiner les contours d’un nouveau monde et d’en accepter la logique de convergence. Pour ce faire, une diminution de la consommation énergétique est inévitable. Autres conditions : « réduire les inégalités, reprendre le contrôle des banques et… écologiser les économies ». Prendre la pleine mesure de l’impossible conciliation entre notre modèle de développement et l’état de notre planète, c’est relever les défis de notre siècle et réorganiser notre société.
 
Optimisme
Cela ne se fera pas sans le concours d’une nouvelle agriculture, d’une économie d’énergie et d’activités de services (éducation, santé, culture) – toutes génératrices d’emplois – et du partage du travail. En somme, la « naissance » d’un nouveau monde repose sur la conscience de la préservation de l’équilibre biosphérique et l’égalité à l’échelle des continents et des sociétés. Le diagnostic parfois inquiétant d’Hervé Kempf n’enlève rien à son optimisme face à ce monde qui s’ouvre, plus juste.

La Grande Convergence selon Hervé Kempf


Abonnez-vous à notre newsletter et, en cadeau de bienvenue, accédez à notre Ebook WE DEMAIN




WEDEMAIN.FR SUR VOTRE MOBILE