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La réduction des inégalités s'invite enfin à Davos

Rédigé par le Mercredi 22 Janvier 2014 à 10:10 | Lu 776 fois

Le Forum Économique Mondial, qui s’ouvre ce mercredi en Suisse, commence à s’inquiéter de l’accroissement historique des inégalités dans le monde : 1 % de l’humanité détient 50 % des richesses.


Un SDF devant la skyline de Bombay © We Demain
Un SDF devant la skyline de Bombay © We Demain
Capables de débourser de 22 000 à 400 000 euros pour leur simple ticket d'entrée, les participants au Forum Economique de Davos entrent sans conteste dans la catégorie des riches, voire des super riches. Les questions soulevées lors de ce rassemblement annuel, qui s'ouvre ce mercredi, n'en ont pas moins tendance à aller au delà de simples intérêts de classe. Il se murmure même que cette année, Davos fera preuve d'une préoccupation croissante à l’égard des disparités de revenus sur la planète.
 
Au menu de cette neuvième édition du Forum de Davos, le rapport sur les risques globaux pour 2014 livre les résultats d'un sondage effectué auprès des participants. Au palmarès des « risques les plus préoccupants », les inégalités se hissent à la 4eplace sur 31. Et pour la troisième année consécutive, ces dernières arrivent premières au regard des « risques globaux les plus probables pour l’année à venir ».
 
« Un risque pour la stabilité planétaire »

Longtemps, l'institution a justifié les écarts de revenus par l'encouragement du talent et l’innovation. Mais depuis leur aggravation durant la crise, alors même que la croissance mondiale est au ralenti, le ton évolue. « Il s’agit d’une des questions les plus inquiétantes. (…) Environ 1 milliard d’êtres humains vivent dans des bidonvilles – un nombre qui n’a fait qu’augmenter sous l’effet de l’accroissement des inégalités. » Le rapport s'inquiète aussi du fait que l’éducation, au lieu de remplir un rôle tampon face aux inégalités, tend de plus en plus à les reproduire.

La réduction des inégalités s'invite enfin à Davos
Autre signe : deux mois plus tôt, dans son Agenda mondial 2014, le Forum avait classé l’accroissement des disparités de revenu au second rang des « risques les plus graves pour la stabilité sociale et la sécurité planétaire ». Lundi 20 Janvier, dans les colonnes du Financial Times, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde exhortait, elle les décideurs réunis à Davos à réaliser que, « dans de trop nombreux pays, les bénéfices de la croissance ont profité à trop peu de gens, ce qui n'est pas la bonne recette pour la stabilité et la durabilité » de la croissance mondiale.

L'exemple sud-américain

Ces discours entrent en résonance avec la publication, le même jour, d’une étude d’Oxfam montrant qu'1% de l’humanité détient 50 % des richesses. Parmi les recommandations de l’ONG aux personnes réunies à Davos pour « en finir avec les inégalités extrêmes » : ne plus contourner la fiscalité de leur propre pays via les paradis fiscaux, une imposition progressive des richesse et des revenus, un salaire minimum et une couverture universelle santé et éducation. Une recette qui a déjà fait ses preuves par le passé, note Oxfam. « Durant les trois décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l'Europe ont réduit les inégalités tout en connaissant croissance et prospérité. L'Amérique latine a considérablement réduit les inégalités ces dix dernières années par le biais d'une fiscalité plus progressive, de services publics, de la protection sociale et du travail décent. » Et l’ONG de conclure : « Cela a profité à tous, riches comme pauvres. »