Les États-Unis entrent en guerre... contre le réchauffement climatique

I Publié le 4 Août 2015

Dès 2008, il avait fait de l'environnement l'une de ses priorités. Lundi 3 août, Barack Obama a lancé son plan tant attendu contre la "grande menace" que fait peser le changement climatique sur la planète.


Pour Barack Obama, la lutte contre le réchauffement climatique est un des "défis-clés" de notre époque (Crédit : DR)
Pour Barack Obama, la lutte contre le réchauffement climatique est un des "défis-clés" de notre époque (Crédit : DR)
Il s'agit de l'un des "défis clés" de notre époque, a estimé Barack Obama depuis la Maison Blanche, où il a présenté le Plan américain pour une énergie propre : America's clean power plan. Ce plan comprend une série de règles et de réglementations qui imposeront pour la première fois aux centrales électriques de réduire de 32 % d'ici 2030 leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2), par rapport au niveau de 2005.

Ces centrales sont responsables de 40 % des émissions américaines de dioxyde de carbone. Dans son projet initial présenté l'an dernier, l'administration Obama avait fixé ce plafond à 30 %. Pour Barack Obama, les restrictions imposées aux centrales électriques constituent "l'étape la plus importante" jamais effectuée par les États-Unis dans la lutte contre le changement climatique.

"Il n'y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique", a affirmé le président américain, soulignant l'urgence d'agir. "Nous pouvons nous attendre à ce que les choses s'améliorent si nous y travaillons dur [...].", a-t-il affirmé. "Mais voilà l'un des rares cas, de par son ampleur, de par sa portée qui, si nous ne le réglons pas, ne pourra pas être inversé. Et nous ne pourrons probablement pas nous adapter suffisamment."
 

Le charbon joue un rôle important dans le tissu économique américain (Crédit : Flickr)
Le charbon joue un rôle important dans le tissu économique américain (Crédit : Flickr)
Réglementations coûteuses

Le débat est particulièrement vif et clivant aux États-Unis, où 37 % de l'électricité est encore produite par des centrales au charbon. La limite ambitieuse de 32 % a provoqué la vive opposition des républicains, jugeant ces contre-mesures "disproportionnées" et "maladroites" "L'administration Obama continue d'imposer des réglementations coûteuses et non nécessaires", a réagi le sénateur républicain Lamar Smith. "Avec ce plan, des centrales électriques à travers le pays vont fermer, les prix de l'électricité vont monter et des milliers d'Américains vont perdre leur travail", a-t-il menacé. Reince Priebus, le président du parti républicain, a, quant à lui, fustigé des mesures qui pourraient avoir "des conséquences dévastatrices sur l'économie" américaine. Un lobby pro-charbon, l'American coalition for clean coal electricity, a, lui, indiqué qu'il pourrait poursuivre l'administration Obama en justice, considérant que cette dernière mène "un plan illégal pour faire grimper les prix de l'électricité".

Un "grand pas en avant"

La candidate démocrate à la Maison Blanche en 2016 Hillary Clinton a vu dans ces mesures un "grand pas en avant", tout comme la directrice de l'agence américaine de protection de l'environnement Gina McCarthy, qui a salué des objectifs "raisonnables" et "qui peuvent être atteints".

L'Union européenne a, pour sa part, immédiatement salué le plan Obama et ses "efforts sincères" pour réduire les émissions de CO2 des États-Unis. En France, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a félicité le président Obama sur Twitter "pour son engagement avant Paris #COP21". "Le parlement français a adopté la loi sur la transition énergétique", a-t-elle posté.

L'annonce de ce plan intervient à moins de six mois de la tenue à Paris de la COP 21.  Cette conférence sur le climat réunira 195 pays qui devraient s'engager à limiter à deux degrés Celsius la hausse de la température mondiale générée par les émissions de gaz à effet de serre.

Si le plan climat annoncé par Barack Obama a été salué comme un pas en avant, crédibilisant son engagement à lutter contre le réchauffement, les experts pointent toutefois l'insuffisance des objectifs des Etats-Unis, deuxième pollueur mondial, pour parvenir à limiter la hausse à 2°C.
 
D'ici là, Barack Obama est attendu au cours des prochains mois en Alaska pour constater l'impact du réchauffement climatique. Il recevra également le pape François à la Maison Blanche. Les deux hommes devraient y lancer un appel commun à l'action.


La rédaction (avec AFP)


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