Les cars low-cost arrivent en France ? Blablacar ne s'inquiète pas

I Publié le 20 Août 2015

Laure Wagner, la porte-parole de Blablacar a assuré, le 18 août 2015, que la plateforme avaient de "bons arguments", face à l'arrivée des autocars low-cost sur les routes françaises : le prix et un la flexibilité de son réseau.


(Crédit : Ed_Davad/Pixabay)
(Crédit : Ed_Davad/Pixabay)
Blablacar, le leader français du covoiturage, résistera-t-il à la concurrence des autocars ? Depuis le 6 août, date de la promulgation de la Loi Macron, des trajets à bas coûts entre les grandes villes de France sont possibles en autocar. Le texte vise à libéraliser le transport intercités, alors qu'auparavant, seuls les cars dont la destination finale se situait hors des frontières françaises avaient droit de circulation.

Dès début juillet, plusieurs entreprises se sont positionnées sur ce nouveau marché, à l'image de Stagecoach ou encore d'Isilines. Cette dernière propose ses premiers trajets depuis le 10 juillet - tous ont rapidement affiché complet. La raison de ce succès ? Des tarifs défiant toute concurrence : comptez en moyenne 9 euros pour un trajet Brive-Bordeaux avec Isilines, contre 13 euros avec Blablacar. De même, un trajet Paris-Toulouse ne vous reviendra qu'à 5 euros avec Stagecoach, contre 40 euros en covoiturage.

Alors que l'ouverture de ce nouveau marché pourrait faire perdre 150 millions de chiffre d'affaires à la SNCF sur ses TGV et ses trains intercités, le géant du covoiturage, lui, ne semble pas s'inquiéter de la concurrence des nouveaux arrivants. Interrogée par RFI mardi 18 août, la porte-parole de Blablacar a affirmé être "confiante".  Selon elle, le covoiturage resterait "moins cher" et s'appuierait sur "un réseau très flexible, aussi bien en termes géographiques - on peut aller d'un village à un village - mais aussi en termes d'horaires, (...) alors que les lignes de bus n'existent qu'entre des grandes villes, avec des départs à certaines heures".

"La cohabitation fonctionne très bien" 

Présente dans 19 pays, la start-up française est déjà confrontée à la concurrence des autocars hors des frontières hexagonales : 
"La France était le seul pays où on ne connaissait pas [cette situation]. Mais dans les autres pays où nous sommes implantés, la cohabitation fonctionne très bien", a précisé Laure Wagner à l'AFP.

Une cohabitation qui ne semble pas si évidente en Espagne, où Blablacar est attaquée pour concurrence déloyale par Confebus , la confédération patronale des sociétés d'autocars, et comparaîtra devant un tribunal de Madrid le premier octobre. Cette poursuite en justice ne tourmente pas, officiellement, non plus la start-up :
 
 "On est assez confiants sur la décision de justice qui sera rendue en octobre parce que le covoiturage est une évidence aujourd'hui. Les voitures circulent de toute manière, avec des places vides à bord", a commenté sa porte-parole.

Si pour l'heure, elles ne semblent pas déstabiliser Blablacar, ces nouvelles lignes d'autocar provoquent des remous dans les autres secteurs du transport public. Le 21 juin 2015, la SNCF a déclaré que sa filiale iDBUS, qui exploitait jusqu'ici un réseau de lignes d'autocars longue distance en Europe, allait présenter une offre nationale dès début septembre 2015. Et le groupe ferroviaire français n'est pas le seul à vouloir s'imposer. De nombreuses compagnies étrangères se préparent également à investir le marché français, à l'image de Flixbus, une entreprise allemande qui ambitionne de devenir leader sur le marché français.

Du côté du gouvernement français, le Ministère de l'économie a annoncé que 200 lignes intérieures d'autocar seront ouvertes d'ici fin 2016 . Quant au développement des gares routières, trop peu nombreuses pour l'instant, leur cadre devrait être défini d'ici la fin de l'année. 


Clara Potier (avec AFP)
Journaliste à We Demain
@Clarapotier


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