Les ondes des compteurs électriques connectés, une menace pour la santé?

Par Juliette Mauban - Nivol I Publié le 12 Février 2016

La généralisation de ces appareils sans fil inquiète plusieurs associations, qui y voient une nouvelle source de pollution électromagnétique. Mais que sait-on des effets sur la santé de ces objets, dont 35 millions d'unités seront installées dans nos foyers d'ici à 2020 ?


Les symptômes de l'EHS peuvent être neurasténiques et végétatifs (Crédit : Pixabay)
Les symptômes de l'EHS peuvent être neurasténiques et végétatifs (Crédit : Pixabay)
Trente cinq millions. C'est le nombre de compteurs électriques Linky qui devraient équiper les foyers français en 2020. Prévue par la loi de transition énergétique, la généralisation de ce petit boitier connecté visant à optimiser notre consommation d'énergie inquiète plusieurs associations de défense de la santé publique. Parmi elles, Robin des toits, Priartem ou encore le Criirem.

Ce qu'elles reprochent à Linky ? De représenter une nouvelle source de pollution électromagnétique nuisant à la santé humaine. En cause, son système de transmission de données. Basé sur le protocole CPL (courant porteur en ligne), ce dernier génère des rayonnements électromagnétiques, à l'image du Wi-Fi, du bluetooth, ou encore des signaux émis par nos téléphones portables.

Depuis l'irruption des smartphones et autres box Internet dans nos quotidiens, l'électrohypersensibilité mobilise contre elle un nombre croissant d'associations. Les "électrohypersensibles" se plaignent de symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), mais aussi neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs).
 
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Problème : l'existence de l'électrohypersensibilité (EHS), que certains qualifient de "nouveau mal du siècle ",  n'est à ce jour pas scientifiquement établie. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît ces symptômes comme étant réels, elle refuse encore d'établir un lien avec l'exposition aux champs électromagnétiques.

Les études visant à déterminer les effets des rayonnements électromagnétiques sur la santé n'ayant permis d'aboutir à aucune conclusion, l'OMS s'est contentée de les placer au rang des "cancérogènes possibles" en 2011. En juillet 2015, la justice française a, elle, pour la première fois reconnu l'existence d'un "handicap grave dû à l'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques", à Toulouse.

Les intolérants aux ondes n'entendent pas renoncer. Ils craignent que la généralisation des compteurs connectés n'aggrave leurs symptômes, voire, ne déclenche de nouveaux cas. 
 

Installation du compteur Linky (Crédit : ERDF)
Installation du compteur Linky (Crédit : ERDF)

Que sait-on précisément des rayonnements émis par Linky ?

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), qui s'est auto-saisie en 2013 des dossiers Linky et Gazpar (le compteur connecté du gaz), a confirmé que les utilisateurs de ces compteurs se retrouvent exposés à des ondes radio. Cependant, les résultats de ses recherches ont été jugés insuffisants pour établir un lien de causalité scientifique entre l'exposition et les symptômes. 
 
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Mais pour certains spécialistes, ce lien de causalité existe bel et bien. Pierre Le Ruz, président du centre de recherches et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), livre son explication du phénomène de l'électrohypersensibilité.
 
"Tout le monde possède des 'magnéto-zones' aux extrémités du corps. L'exposition aux rayonnements électromagnétiques envoie un message nerveux dans le cerveau lymbique qui va provoquer une réaction assimilable à un pic d'adrénaline. L'électrohypersensiblité est une maladie de l'adaptation. Elle concerne des personnes dont le métabolisme n'a pas su gérer cette réaction, et se traduit par l'épuisement ou un comportement agressif".

Lorsqu'on l'interroge sur la nocivité présumée de Linky et Gazpar, Pierre Le Ruz recommande de ne pas se tenir à moins de deux mètres d'un compteur et cinq d'un concentrateur. Tout en rappelant que ces derniers ne constituent qu'une source émettrice d'ondes électromagnétiques de plus :
 
"Les compteurs ne sont pas plus nocifs pour la santé que ne le sont déjà les ondes émises par le wifi ou la 4G. Meilleure sera l'installation électrique du foyer, moins l'exposition aux ondes sera risquée. Quant aux électrohypersensibles, ils ne peuvent vivre que sans électricité".

À quoi servira la généralisation des compteurs électriques intelligents ?

Le site d'information du médiateur national de l'énergie, Energie-info, assure que Linky et Gazpar (pour le gaz) "donneront la possibilité de mieux suivre sa consommation d’énergie pour mieux la maîtriser".

Les données collectées par EDF et GDF en temps réel s'en retrouveront plus précises et le montant des factures ne sera plus fondé sur une estimation de consommation. Ces dispositifs dispenseront en outre leurs utilisateurs d'être présents à leur domicile au moment du relevé du compteur.

Leur installation, obligatoire pour les particuliers, est gratuite, indique Energie-info. Même si dans les faits, le coût de Linky - dont le déploiement est évalué à cinq milliards d'euros par le ministère de l'Environnement - devrait se répercuter sur le montant des factures.


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