Les rétrofuturistes du steampunk, cette science-fiction du passé

Par Sylvain Morvan I Publié le 1 Avril 2015

[À lire dans la revue] Leur univers est fait de tenues victoriennes, de machines à vapeur et d’automates. S’ancrer dans le passé est, pour ces « steamers », une façon d’imaginer l’avenir. Et leur mouvement est en train de gagner la mode, le cinéma, les arts plastiques.


Pour la sortie du manga français City Hall, qui ressuscite Jules Verne et Arthur Conan Doyle, Agathe se met en scène dans un décor steampunk conçu par le décorateur spécialisé Armand Basset pour le stand de l’éditeur Ankama au salon Japan Expo 2013. Crédit photo: Nicolas Meunier
Pour la sortie du manga français City Hall, qui ressuscite Jules Verne et Arthur Conan Doyle, Agathe se met en scène dans un décor steampunk conçu par le décorateur spécialisé Armand Basset pour le stand de l’éditeur Ankama au salon Japan Expo 2013. Crédit photo: Nicolas Meunier
Il a 33 ans, porte un veston anthracite et des goggles, ces vieilles lunettes d’aviateur en cuir et laiton. Oui, Arthur Morgan vit bien dans la France de 2015. Sa tenue est simplement celle d’un « steamer », nom donné aux adeptes du steampunk. Il s’y est converti progressivement. Le Seigneur des anneaux et Bilbo le Hobbit, romans épiques de J. R. R. Tolkien, ont teinté de fantastique sa jeunesse. Ses études d’anglais l’expédient ensuite à Rochester, au sud de la Tamise, où vécut le romancier anglais du xixe siècle Charles Dickens, auteur de David Copperfield et Oliver Twist.

Une révélation : Arthur se passionne pour l’histoire britannique, s’éprend de littérature victorienne. En 2003, il découvre la série de comic books Steampunk, œuvre du dessinateur Chris Bachalo. Cette bande dessinée américaine raconte l’histoire d’un modeste Londonien du XIXe siècle doté d’un four à charbon dans la poitrine et d’une pince mécanique à la place du bras.
« Je ne savais pas encore que ce simple terme, que l’on peut traduire en français par “punk à vapeur”, contenait un univers aussi vaste », raconte-t-il.

Science-fiction du passé

Le steampunk a d’abord désigné un genre littéraire. L’auteur californien K. W. Jeter a inventé ce mot en 1987 pour décrire les romans que lui et ses acolytes Tim Powers et James Blaylock rédigeaient à l’époque : de la science-fiction du passé, prenant racine dans l’effervescence de la révolution industrielle, à l’âge d’or des machines à vapeur. Une formule du journaliste canadien Douglas Fetherling résume parfaitement la teneur de ces récits :
« Le steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. »
Situés dans l’Angleterre victorienne, les premiers romans du genre mêlent en vrac des savants fous et des magiciens, des automates et des vampires, des machines à remonter le temps et des engins volants à rendre jaloux Jules Verne. Cinéma, jeux vidéo, arts plastiques, mode : le phénomène s’est peu a peu répandu dans toutes les sphères créatives...Retrouvez la suite de l'article dans We Demain n°9

Sylvain Morvan


 


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