« On sous-estime le potentiel des algues »

Par I Publié le 11 Mars 2014

En Bretagne, des étudiants se mobilisent pour sensibiliser le grand public aux enjeux prometteurs de la filière algue. Rendez-vous à Rennes, jeudi et vendredi, pour deux jours de débats.


Algues © Jean-Louis Potier
Algues © Jean-Louis Potier
Cauchemar des baigneurs, la purée verte qui tapisse certaines plages bretonnes peut-elle faire le bonheur des entrepreneurs ? C'est la conviction de quatre étudiants de Sciences Po Rennes et Agrocampus Ouest, qui ont entrepris d'informer le grand public sur le potentiel de la filière algues, en partenariat avec l'association Open Odyssey. « Les enjeux sont énormes en termes de valorisation », assure Amandine Forget, membre de cette équipe qui organise les Journées de l’algue, jeudi et vendredi à Rennes. « Il y a cependant un paradoxe, poursuit l'étudiante : les gens sous-estiment le potentiel des algues parce qu’ils les détestent, alors que la valorisation permet justement de s’en débarrasser ».

Quelles sont les perspectives ? « On sait déjà transformer les algues brunes en bioplastique, explique Amandine. A Saint-Malo, Algopack commercialise le premier matériau rigide à base de dérivés d'algues bretonnes. Avec les algues vertes, on peut faire de la peinture, du biocarburant, de la méthanisation. » L'entreprise Favini, qui fabrique du papier à partir d’algues, s’est également récemment installée dans la région. Une société dont le savoir-faire s'est développé à Venise, où proliféraient massivement les végétaux aquatiques. La ville s'est depuis débarrassée des algues par ce biais.

«  Avance technologique »

L’entreprise italienne n’a pas choisi la Bretagne par hasard : avec le premier littoral de France, et une eau souvent renouvelée par les courants océaniques, la région est idéalement placée pour devenir leader de la culture d’algue. Déjà, 90 % des algues produites en France le sont  en Bretagne. Mais ces dernières sont encore le plus souvent destinée à l’export, vers les pays asiatiques, qui les utilisent pour leurs vertus gustatives et médicinales. A l'inverse, d’autres algues doivent être importées d’Asie, faute de filières de production et de ramassage en France.

Algopack commercialise le premier matériau rigide à base de dérivés d'algues
Algopack commercialise le premier matériau rigide à base de dérivés d'algues
Le regard porté sur cette plante commence néanmoins à évoluer dans l’Hexagone. Le 20 février dernier, Amandine, Mathilde, Sébastien et Nastasia ont convié d’autres étudiants bretons à une visite des locaux de l’Usine d’Olmix, leader des biotechnologies nutritionnelles et médicales issues des algues, ou « biotechnologies bleues ». Preuve de l'engouement naissant autour de ces débouchés, une centaine d'étudiants ont répondu présents, venant pour certains d’Angers. « Cela nous a surpris, et même dépassé », reconnait Amandine. « La Bretagne doit désormais réussir à transformer son avance technologique en filière industrielle », estime Hervé Balusson, PDG d’Olmix, qui participera, à Rennes, aux débats organisés par les quatre étudiants.


Au programme des journées de l'algue :

 - La filière algue en Bretagne : une alternative pour une alimentation durable ?
Mercredi 12 mars 2014, de 18h15 à 20h - Agrocampus Ouest : 65 rue de St Brieuc 35042 Rennes - Amphithéâtre Matagrin

- Les algues en Bretagne : quels problèmes, quelles opportunités ?
Jeudi 13 mars 2014, de 17h à 19h30 - Institut d'Etudes Politiques de Rennes
104 bd de la Duchesse Anne 35700 Rennes - Amphithéâtre Erasme



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