PORTFOLIO. À Phnom Penh, cette décharge géante fait vivre plus de 2 000 personnes

Par Emilie Dehu I Publié le 23 Mars 2016

Le photographe britannique Nigel Dickinson a partagé le quotidien de ces Cambodgiens installés à Smokey mountain. Pour un dollar par jour, ils contribuent au recyclage de plus de 75 % des déchets urbains.


Photo extraite de la série "Smokey Mountain" exposée au Festival Fotofest à Houston jusqu'au 24 avril 2016 (Crédit : Nigel Dickinson)
Photo extraite de la série "Smokey Mountain" exposée au Festival Fotofest à Houston jusqu'au 24 avril 2016 (Crédit : Nigel Dickinson)
Les circonstances changeantes (Changing circumstances). C'est le thème phare de la nouvelle édition de la biennale internationale Fotofest , qui a lieu jusqu'au 24 avril à Houston, au Texas. Thème dans lequel la série Smokey mountain de Nigel Dickinson, collaborateur régulier de We Demain, s'intègre parfaitement.

Quand il se lance dans des projets documentaires, le photographe britannique aime prendre le temps de s'intégrer au sein des communautés qu'il observe. Et comprendre de quelle façon elles s'adaptent aux changements. "Je veux que mon travail reflète non seulement mon point de vue, mais aussi celui des communautés concernées", explique Nigel Dickinson, dont les sujets de prédilection sont l'environnement, la condition humaine, l'identité et la culture.


Le photographe britannique, Nigel Dickinson (Crédit : Amandine Klep)
Le photographe britannique, Nigel Dickinson (Crédit : Amandine Klep)
La décharge Smokey Mountain se situe à la périphérie de la capitale cambodgienne, Phnom Penh. Son nom lui vient de l'épais nuage de fumée âcre qui s'élève constamment des ordures en cours d'incinération. Quotidiennement, plus de deux mille travailleurs, dont quelque six cents enfants, escaladent le site pour collecter, trier, nettoyer puis revendre le fruit de leur collecte aux centres de recyclage.

Cette activité leur rapporte environ un dollar par jour, y compris lorsqu'ils s'y affairent de nuit, à la lumière des lampes de mineurs. Ces hommes, femmes et enfants travaillent, mangent et dorment dans l'indifférence, au milieu des détritus et d'une fumée toxique permanente.


"En Asie, des communautés entières se sont développées autour de cette industrie, qui gère aujourd'hui 75 % des déchets urbains. Certains y voient de la misère, d'autres un exemple de développement durable," explique Nigel Dickinson. Car "la quantité de détritus recyclés par ces communautés en Asie dépasse de loin la totalité du recyclage occidental".
 
"Ce système de recyclage informel présente des intérêts environnementaux et économiques : la réduction de l'amoncellement des déchets, la préservation des ressources naturelles. C'est aussi une corde de sauvetage lancée à des populations parmi les plus pauvres du monde."

Oui mais ces "alpinistes" des détritus ont une espérance de vie dramatiquement plus courte, de multiples problèmes de santé et de piètres conditions de vie. Pour le photographe,"cela n'a pas le droit d'être ignoré".

La série de clichés Smokey Mountain a gagné le prix de l'exposition individuelle Photolucida's Critical Mass, et a été exposée au festival FotoTriennale (Odense, Danemark) et à la Blue Sky Gallery (Portland, Oregon). Elle fera également l'objet d'un livre.





Crédits photo : Nigel Dickinson.


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