Pénurie de sperme et d'ovocytes : leur don élargi aux majeurs sans enfant

Par I Publié le 18 Janvier 2016

Pour éviter aux couples infertiles de devoir se procurer des gamètes à l'étranger, les conditions de leur don s'élargissent. Si la loi française interdit la rémunération des donneurs, ces derniers pourront voir leurs gamètes conservées en cas d'infertilité future.


Fécondation d'un ovule par un spermatozoïde humain (Crédit : Wikimedia Commons)
Fécondation d'un ovule par un spermatozoïde humain (Crédit : Wikimedia Commons)

En France, près de 3 000 couples ont recours chaque année à la procréation médicalement assistée. Cependant, face à une pénurie de donneurs, les délais pour bénéficier d'une insémination ou d'une fécondation in vitro vont jusqu'à deux ans. En cause : une loi imposant que les donneurs aient déjà eu des enfants. Mais un arrêté ministériel du 8 janvier est venu mettre fin à cette restriction.
 


"Cette année, il nous faudrait 1 200 donneurs : 900 femmes et 300 hommes. Or nous n'avons eu que 450 dons d’ovocytes et 260 de spermatozoïdes", a annoncé l'Agence de la biomédecine en octobre 2015.


8 millions de donneuses et 11 millions de donneurs potentiels

Cette pénurie chronique force de nombreux couples à se rendre chaque année dans des cliniques à l'étranger pour concevoir un enfant. Les raisons peuvent être multiples : si l'infertilité naturelle ou liée à des traitements médicaux comme la chimiothérapie concerne la majorité des cas, une maladie génétique ou sexuellement transmissible peut également mener des couples à procréer artificiellement.

C'est pour remédier à cet exode que, le 8 janvier, le gouvernement a élargi le don de gamètes à "toute femme de 18 à 37 ans" et à "tout homme de 18 à 45 ans en bonne santé" . Une disposition prévue dans la loi de bioéthique de 2011, mais qui avait été reportée. Elle porte le nombre de donneurs potentiels à 8 millions pour les femmes et 11 millions pour les hommes.
 

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Congeler ses gamètes en cas d'infertilité

Si dans de nombreux pays, le don de gamètes est rémunéré, ce n'est pas le cas en France où toute marchandisation du vivant est interdite. Les donneurs et donneuses pourront cependant recevoir un avantage en nature, à savoir la congélation d'une partie des gamètes au cas où ils se retrouveraient un jour eux-mêmes infertiles. Mais pour cela, il faut avoir donné un nombre minimum de gamètes : cinq ovocytes pour une femme et trois dons de spermatozoïdes pour un homme.

"La mobilisation autour du don de gamètes progresse, nous nous en réjouissons, mais elle reste insuffisante pour répondre à l’urgence de la situation des couples en attente. C’est pourquoi chaque personne envisageant un don est invitée à prendre sans tarder contact avec le centre le plus proche" a annoncé Anne Courrèges, directrice générale de l’Agence de la biomédecine.

Retrouvez la liste des centres de dons à cette adresse.

 



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