Pour connaitre la qualité de l'air, les Londoniens peuvent désormais consulter les pigeons

Par I Publié le 18 Mars 2016

L'opération "Pigeon air Patrol" a été lancée pour lutter contre les forts taux de pollution dans la capitale anglaise. Le principe : proposer aux Londoniens de parrainer un pigeon doté de capteurs et de GPS, qui mesure la qualité de l'air en temps réel.


Image d'illustration (Crédit : DigitasLBI)
Image d'illustration (Crédit : DigitasLBI)
On adopte bien un mec, un clown et une poule. Et si, pour changer, on adoptait un pigeon ? C’est l’idée très sérieuse du fondateur de la start-up Plume Labs Romain Lacombe et du directeur de l'agence numérique DigitasLBI, Pierre Duquesnoy. Ensemble, les deux entrepreneurs ont lancé l'opération Pigeon air Patrol. Composée de 12 pigeons, une patrouille de l'air d'un nouveau genre a décollé, le 14 mars, d'un toit du quartier Brick Lane, à Londres.

Selon eux, ces oiseaux pourraient aider les Londoniens à améliorer la qualité de l’air de la capitale, dont le taux de pollution atmosphérique élevé provoque le décès de près de 9 500 personnes chaque année.

"C'est un scandale sanitaire et environnemental pour les humains - et pour les pigeons. Nous rendons visible ce qui ne l'est pas", estime Pierre Duquesnoy au quotidien The Guardian  :
 
"La plupart du temps, quand il s'agit de pollution, les gens pensent à Pékin ou à d'autres endroits, mais certains jour de l'année dernière, le taux de pollution était plus haut et plus toxique [qu'en Chine], c'est ça la réalité".


Récompensé par le London Design Festival pour ce projet en 2015, l'entrepreneur s'est inspiré de l'utilisation des pigeons voyageurs comme moyen de communication durant les Première et Seconde Guerres mondiales.

Équipés de capteurs connectés pesant 25 grammes et de GPS, les pigeons mesurent les niveaux d’ozone, de dioxyde d’azote et les composés organiques volatils (COV) des différents quartiers de la ville.


Ces taux de pollution sont consultables en temps réel, grâce à un système de géolocalisation des oiseaux sur le site pigeonairpatrol.com, ou sur le compte Twitter de la patrouille.

Équipés d'un petit boitier leur permettant de recevoir ces informations via leur smartphone  (tout en mesurant lui-même la qualité de l'air), les Londoniens peuvent ainsi vérifier la qualité de l'air dans le parc où ils souhaitent aller se promener ou sur leur itinéraire quotidien. Quant aux données enregistrées, elles sont analysées par le Docteur Audrey de Nazelle, une chercheuse française, à l'Imperial College de Londres. 

Une opération en partie financée par les Londoniens participant à l'opération. Le tout via une plateforme de crowdfunding sur laquelle la start-up PlumeLabs - qui fait état des taux de pollution dans plus de 300 villes dans le monde - recrute actuellement une centaine de volontaires pour tester ce nouveau dispositif. Un appel auquel ont déjà répondu, à ce jour, 68 habitants de la capitale. Ces derniers se sont engagés à parrainer des pigeons à hauteur de sommes allant de 100 à 126 euros.


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