Pour des énergies 100% vertes en 2045, Hawaï mise sur ses vagues

I Publié le 7 Juillet 2015

Cet État prisé des surfeurs vient de se doter de la première usine marémotrice et houlomotrice des États-Unis. Le défi d'Hawaï : s'affranchir des énergies fossiles d'ici 2045.


La technologie Azura Wave au large d'Hawaï (Crédit : Northwest Energy Innovations)
La technologie Azura Wave au large d'Hawaï (Crédit : Northwest Energy Innovations)
Le 8 juin, Hawaï annonçait s'être fixé des objectifs ambitieux : ne plus s'alimenter qu'en énergies renouvelables en 2045. C'est dans cette optique que l'État vient d'inaugurer, à proximité du rivage d'une de ses îles, l'usine marémotrice Azura. De quoi compléter la production électrique des installations solaires, éoliennes et géothermiques déjà en place sur l'archipel américain.

Installé par l'entreprise Northwest Energy Innovations (NWEI), spécialisée dans le développement d'énergies renouvelables marines, il s'agit de “du premier dispositif fonctionnant grâce à l'énergie des vagues aux États-Unis”, affirme Steve Kopf fondateur et PDG de l'entreprise localisée à Portland.

Co-financée à hauteur de 500 000 dollars par la Nouvelle Zélande, où elle a été développée, Azura a la particularité de fonctionner grâce à la force horizontale des mouvements marins (les vagues) et à leur force verticale (la marée).

Prototype d'Azura élaboré en Nouvelle-Zélande (Crédit : Hawaï News)
Prototype d'Azura élaboré en Nouvelle-Zélande (Crédit : Hawaï News)
Pour l'heure, la puissance d'Azura ne dépasse pas 500 kilowatts. En comparaison, le barrage de la Rance, en Bretagne, qui est la deuxième usine marémotrice la plus puissante au monde, a une capacité de 240 mégawatts, soit 48 fois supérieure.

Si l'usine n'alimente pour l'heure qu'une base militaire voisine, Steve Kopf espère qu'elle fournira à terme une puissance de 1,5 mégawatts, qui ferait d'elle la sixième centrale hydraulique la plus puissante au monde et lui permettrait de fournir de l'électricité à plusieurs milliers de foyers.
 
“Pour le moment, le générateur de l'appareil n'est pas très puissant. On s'est concentré sur le concept et la maximisation de l'efficience du processus de conversion [de l'énergie]”, explique Justin Klure, associé gérant de NWEI.

Élaboré en Nouvelle-Zélande par l'agence gouvernementale spécialisée dans l'innovation Callaghan Innovation et par l'entreprise Energy Hydraulics Ltd, qui a effectué les premiers tests, ce prototype a l'avantage d'être moins coûteux et moins néfaste pour l'environnement que les barrages.

Déployée avec le soutien de la Marine américaine, du ministère de l'énergie, qui y a investi 125 000 dollars, et de l'Université d'Hawaï, Azura sera en phase de test pendant 12 mois. Ces trois structures auront également la charge d'en analyser les résultats. Un regard extérieur qui permettra, selon Steve Kopf,  d'“améliorer l'installation et d'accélérer sa commercialisation”.
 

Si les résultats s'avéraient concluants, NWEI pourrait, à la demande d'autres États, installer de nouvelles usines autour des côtes des États-Unis, où se concentre 50 % de la population. Les énergies houlomotrices et marémotrices pourraient ainsi tenir une place importante dans la transition énergétique Outre-Atlantique. En 2012, selon l'Agence Internationale de l'Énergie, les énergies renouvelables ne représentaient que 6,3 % du mix américain.

Jean Duffour
Journaliste à We Demain
@JeanDuffour
Emplacement de l'usine Azura, Baie de Kaneohe sur l'île d'Oahu à Hawaï (Crédit : Azura Wave)
Emplacement de l'usine Azura, Baie de Kaneohe sur l'île d'Oahu à Hawaï (Crédit : Azura Wave)


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