Pour inciter à mieux consommer, elles créent un site où tout se troque... ou se négocie

Par Juliette Mauban - Nivol I Publié le 8 Février 2016

Fondé en novembre par deux entrepreneuses parisiennes, MyTroc.fr compte déjà près de 4 000 utilisateurs. Sur la base d'une monnaie virtuelle, les noisettes, il permet à ses utilisateurs d'acquérir des biens, de profiter de services ou loisirs... Ou de les troquer contre un autre service.


Célia Dulac et Florianne Addad (Crédit : Florianne Addad)
Célia Dulac et Florianne Addad (Crédit : Florianne Addad)
"Encourager les solidarités, la cohésion sociale, et l'entraide pour que chacun puisse satisfaire ses besoins dans le respect de tous"  : voilà les objectifs défendus par Célia Dulac et Florianne Addad, deux entrepreneuses de 27 et 33 ans, quand, en 2014, elles décident de créer une plateforme de troc en ligne, MyTroc.fr. Grâce à cette dernière, elles entendent proposer une autre façon de consommer, et limiter ainsi notre impact sur l’environnement.

Célia Dulac et Florianne Addad (Crédit : Florianne Addad)
Célia Dulac et Florianne Addad (Crédit : Florianne Addad)

Des noisettes virtuelles pour monnaie

Lancée en novembre, la plateforme d’échange de biens et de services en ligne compte aujourd’hui 3 800 utilisateurs. Il est possible d’y réserver des cours de piano, un stage de voile, ou de trouver une baby-sitter à la dernière minute. Le tout, sans payer un centime.

Le principe est simple : les utilisateurs déposent une annonce de bien, de service, ou de loisir, et ont le choix de l'échanger contre un certain nombre de noisettes, la monnaie complémentaire de MyTroc, ou contre un autre service, bien ou loisir. L'intérêt de ce système ? D'une part, sa monnaie virtuelle : avec elle, aucune spéculation ou changement de valeur possibles et les noisettes peuvent être épargnées et utilisées à tout moment pour un nouveau troc.
 
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D'autre part, l'absence d'obligation : si les utilisateurs ne tiennent pas à payer en noisettes, rien ne les y oblige, puisqu'ils peuvent tout de même réserver une maison de vacances au Cap Ferret... sans noisettes, mais en l'échangeant, par exemple, contre une paire de bottes. "On veut vraiment que les membres se sentent libres ", précise Florianne Addad, qui tient à ce qu'un accord se fasse avant tout sur la base de la discussion, et non sur la valeur du bien ou du service rendu.
 

La consommation collaborative selon MyTroc (Crédit : Florianne Addad)
La consommation collaborative selon MyTroc (Crédit : Florianne Addad)

Un réseau "vraiment" social

Ceux qui souhaitent toutefois utiliser les noisettes disposent d'un barème indicatif, censé garantir la justesse des échanges et les aider à fixer leurs prix. Un livre ou un DVD est évalué à environ 5 noisettes, une bouilloire 10 noisettes... Quant aux services et aux prêts, ils se paient à l'heure : comptez cinquante noisettes pour 60 minutes, ou 60 noisettes pour le prêt d'un scooter.
 
"Les utilisateurs ont fini par rapprocher naturellement la valeur des noisettes de celle de l’euro. C’était encore ce qu’il y avait de plus simple pour garantir l’équilibre des accords conclus", précise Florianne Addad.   

Pour "troquer", il suffit de se créer un profil (gratuit). Par la suite, chaque utilisateur est invité à attribuer une note au profil de la personne avec qui il a réalisé un troc. Des évaluations essentiellement positives depuis le lancement du site, d'après Florianne Addad, qui l'explique par "le sentiment de confiance que crée le partage de valeurs communes" et le "sentiment d'appartenir à un même réseau 'vraiment' social". 

Reverser une partie du bénéfice à des associations écologiques

Chaque jour, le site enregistre entre 4 et 5 trocs de particulier à particulier, et sans prise d’intérêt de la part de MyTroc. "Pour un début, c'est déjà bien", se réjouissent les deux fondatrices, qui ne tirent encore aucun bénéfice de leur start-up, mais refusent cependant le recours à la publicité.
 
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Pour gagner de l'argent et ainsi, pouvoir se rémunérer, Célia Dulac et Florianne Addad entendent valoriser les annonces. "Bientôt", l'utilisateur aura la possibilité de payer pour mettre en avant les siennes. Une partie des bénéfices tirés de cette monétisation sera reversée à des associations écologiques.

À terme, MyTroc.fr espère se développer à l'étranger. Pour l'heure, tous les trocs s'effectuent sur le territoire français, et en grande majorité dans les villes.


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