Recyclable, équitable, bio : le blue jeans se met au vert

À lire dans la revue.

Par Olivier Cabréra I Publié le 22 Décembre 2015

La diva de nos dressings cultive enfin sa fibre naturelle. Les géants du prêt-à-porter comme les marques émergentes parient sur le recyclage, les matières premières biologiques et sur une fabrication plus économe en eau. Sans négliger le style.


Pharrell Williams pose avec des pièces de sa collection Raw for the oceans chez G-Star Raw (Crédit : Anton Corbijn pour G-Star Raw)
Pharrell Williams pose avec des pièces de sa collection Raw for the oceans chez G-Star Raw (Crédit : Anton Corbijn pour G-Star Raw)
L'uniforme de la mondialisation ne s’est jamais aussi bien porté. Et la France, où naquit la toile denim au XVIIIe siècle, continue à se parer de coton indigo : il se vendra cette année plus de 85 millions de jeans pour 66 millions de Français. Un basique incontournable au pays de Marithé et François Girbaud, dignes représentants du jean à la française.

Inventeurs de la première technique de délavage à la pierre volcanique dans les années 1970 (très gourmande en eau : 150 litres pour un pantalon), ils mettent au point en 2003 le procédé Wattwash, qui ne nécessite que 5 litres d’eau par pièce.
 
De la volonté de réduire un lourd impact écologique – 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour un seul jean ordinaire, selon WWF – jusqu’au respect de l’environnement affiché par des marques qui ont senti le vent tourner, le jean tente enfin, depuis une dizaine d’années, de suivre un mouvement vertueux.

Fibres issues de jeans usagés

Certaines enseignes établies se convertissent à l’écoresponsabilité – Levi’s annonce avoir économisé 880 millions de litres d’eau avec son procédé Waterless – et des marques se lancent en pariant sur de nouvelles pratiques.

La première consiste à recycler les modèles usagés. Cette saison, la marque française Bonobo, avec le concours de la Filature du parc (Tarn) et le réseau de collecte Le Relais, a lancé le jean Rebirth, composé de fibres issues de jeans usagés et de polyester recyclé à partir de bouteilles en plastique.

Depuis septembre, H&M propose dans sa collection Close The Loop dix modèles fabriqués à partir de coton bio et de vêtements rapportés par les clients. Il y a trois ans, pour la collection Raw for the Oceans, G-Star s’est associé à la société Bionic Yarn (textiles à partir de déchets plastiques) et à l’association Parley for the Oceans. Objectif : fabriquer des jeans à partir des 50 tonnes de déchets en plastique collectés sur le littoral par Parley.

Coton bio et commerce équitable

Le français Ekyog mise sur le bio : tous les cotons de sa ligne femme Denim Bio sont certifiés par des organismes indépendants. Le pionnier californien Patagonia vient de présenter un jean fabriqué lui aussi en coton bio et issu du commerce équitable. Et sa teinture indigo ne nécessite que deux bains au lieu de quinze. Plus récente, la griffe 1083, née à Romans (Drôme), parie sur le "borne in France" : ses jeans sont teints, tissés et confectionnés dans l’Hexagone. Seuls la filature du coton bio, les rivets et les boutons viennent d’Italie.

Enfin, le jean F-abric "prêt à composter" de Freitag, sans rivet ni polyester et fabriqué en fibres de chanvre et de lin issues de cultures durables, est 100 % biodégradable. Avant de le jeter, dévissez seulement le bouton à la taille, et le tour est joué.

Olivier Cabréra.


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