Sept faux arguments sur les gaz de schiste

Par Sylvain Lapoix I Publié le 4 Juin 2014

Interdite en France depuis 2013, l’exploitation des gaz de schiste ne garde pas moins ses défenseurs. Méthodes d’extraction « propres », autonomie énergétique, création d’emplois, baisse du coût de l’énergie ou des émissions de gaz à effet de serre... Tour d’horizon et désintox des principaux arguments des pro-fracking.



1°) Un mode d’extraction
 « propre » pour les gaz
 de schiste.

Arnaud Montebourg, le 29 janvier 2014 dans « le Canard enchaîné ».

Désintox : Malgré tout le secret dont 
il a essayé d’entourer son annonce, nous savons que la technique miracle du ministre 
de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique 
est la fracturation au propane
 non inflammable. Développée 
par la société américaine EcorpStim, elle a été présentée dès l’été 2011 à la Commission nationale d’orientation, de suivi
 et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation
 des hydrocarbures liquides 
et gazeux. Cette technique permettrait de remplacer eau et produits chimiques par le produit utilisé dans les inhalateurs contre l’asthme : moins de camions, 
pas de produits douteux...
 mais pas non plus de retour d’expérience ! La technique n’a
 été employée sur un puits qu’une fois aux États-Unis et sans sable, autrement dit à blanc. Le patron de la société ne s’en cache pas : 
la France serait son premier terrain d’expérimentation et il faudrait des années pour pouvoir perfectionner cette méthode. Laquelle comporte deux grosses inconnues : le prix du produit à injecter et les matériaux bloquants pour les failles, le sable étant trop dense pour être transporté par 
le liquide choisi. Deux freins qui pourraient rendre cette technique non rentable voire inutilisable.
 
« Regardons les Américains, qui ont réussi à baisser 
le coût de leur énergie,
 qui coûte un tiers de moins que l’énergie européenne. » 
Pierre Gattaz, président du Medef, le 7 juillet 2013 sur RTL.

Désintox : L’effondrement du prix du
 gaz naturel aux États-Unis a en effet été spectaculaire : le millier de pieds cubes était à plus de 
8 dollars en 2008, il est tombé 
à moins de 3 dollars en 2012. Uune chute impossible à reproduire en France. D’abord parce que
le mode de calcul n’est pas 
le même : afin de protéger les approvisionnements à long terme, le prix du gaz est fixé en France par la loi. Quand bien même il 
ne le serait pas, le choc américain est le résultat d’une campagne 
de forage intensive – permise 
par la faible densité du territoire américain – qui a porté de 1 000 
à 8000 milliards de pieds cubes 
la production de gaz de schiste entre 2007 et 2012. Enfin, cette chute a profité à tous sauf aux producteurs, pour qui l’unité coûte de quatre à six dollars à extraire. Ils y perdent donc de l’argent, ce qui les a incités à freiner les forages pour provoquer une hausse
 du cours. En Europe, si le prix
 du gaz reste autour de 8 dollars, les normes environnementales 
et le coût du travail pourraient 
fort bien rendre ce gaz impossible à rentabiliser. Une étude de Bloomberg new energy Finance estimait ainsi en 2013 que la production serait deux fois plus chère au Royaume-Uni qu’au Nouveau monde… 

Retrouvez la suite de notre dossier désintox dans We Demain n°7

3°) « Ma solution contre 
le chômage ? Le gaz de schiste ! (...) La production d’énergie, ça crée de l’emploi qualifié, 
à forte valeur ajoutée, sur le long terme. »
 Jean-Louis Schilansky président 
de l’union française des industries pétrolières

4°) « Quand on sait que le gaz
 de Lacq était extrait
 par fracturation hydraulique sans dégâts sur place, 
on s’interroge. »
 Michel Rocard

5°) « L’exploitation des gaz
 de schiste outre-Atlantique est devenue un atout écologique car les États-Unis, en réduisant considérablement leur consommation de charbon, ont diminué leurs émissions de gaz à effet de serre de 450 millions de tonnes ces cinq dernières années. » Maud Fontenoy, navigatrice française

6°) « Les États-Unis ne sont
 pas pour rien la première économie mondiale (...). Ils ont repris leur indépendance énergétique. » Christian Bataille, rapporteur PS sur les alternatives à la fracturation hydraulique

7°) « Il y a eu 20000 puits forés
 aux États-Unis. Aucun désastre écologique n’a été relevé. » Laurence Parisot, ex president du Medef



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