The Next system, ce collectif US qui veut mettre le citoyen au cœur de l'économie

Par I Publié le 10 Avril 2015

Aux États-Unis, une centaine d'acteurs publics se fédère pour créer "le prochain système". Leur constat : "le système politique et économique actuel n’est pas programmé pour assurer le bien-être des hommes et de la planète".


Capture d'écran de la vidéo de présentation de la plateforme
Capture d'écran de la vidéo de présentation de la plateforme
Alors que l'annonce du lancement de Tidal, le nouveau site de streaming du rappeur Jay-Z, a fait grand bruit en France, celle d'une autre plateforme Internet américaine est passée inaperçue.

Si la première aspire à "disrupter" la musique, la seconde affiche pourtant une ambition bien plus élevée : "hacker" le système économique. The next system - c'est son nom - a pour ambition de changer les institutions en place, en impulsant un changement "progressif" de l’économie.

Sur le site du collectif, une vidéo de présentation recense les modèles alternatifs - déjà existants - qui pourraient, en grandissant, amorcer ce virage : banques éthiques, agriculture urbaine, énergies renouvelables...
"Les citoyens de ce pays sont en train de régler leurs problèmes tout seuls, en créant des nouveaux modèles et des nouvelles stratégies", constate le collectif.
Pour que ce mouvement citoyen parvienne à changer l'économie traditionnelle de l'intérieur, The Next system entend promouvoir des "business model" permettant aux employés des entreprises de prendre le pouvoir. Et de changer le système économique par le bas. La version appliquée du principe de "l'empowerment", selon lequel chacun peut contribuer à changer les choses à son échelle.

Pour porter la voix de The Next system, son président Joe Guinan, ainsi que ses cofondateurs Gar Alperovitz et Gus Speth - tous trois membres du think tank Democracy Collaborative - se sont entourés d'une centaine de personnalités engagées : la présidente de Greenpeace États-Unis, Annie Leonard ; le conseiller environnemental de Barack Obama, Van Jones ; l'activiste climatique Bill McKibben ; ou encore la créatrice du site d'autopartage Zipcar, Robin Chase.
 
Ces acteurs s'accordent sur ce constat accablant :
"Le système politique et économique actuel n’est pas programmé pour assurer le bien-être des hommes et de la planète. Ses priorités sont à l’inverse le profit des entreprises, la croissance du PIB et la suprématie nationale. Si nous voulons relever les défis multiples auxquels nous sommes très sérieusement confrontés, nous devons penser autrement pour parvenir à construire une nouvelle politique économique. Cette politique doit nous élever au-delà du système actuel, qui se meurt. Qu’importe la difficulté de la tâche, le temps qu’elle nécessite : les problèmes systémiques exigent des solutions systémiques".

Assiste-t-on à la naissance d'un énième thinktank, n'ayant pour envergure que sa taille, ou à une véritable amorce de changement ? Une chose est certaine : la reprise que connaissent actuellement les États-Unis n'empêche pas une partie du pays de continuer de clamer que l'économie ne répond plus aux défis du monde actuel. Même si, pour l'heure, The Next system ne tient sa légitimité que des signatures de personnalités attestant de cette volonté de changement.

 

Lara Charmeil
Journaliste à We Demain
@LaraCharmeil


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