Un immense technopôle végétalisé va émerger en plein désert marocain

Par I Publié le 8 Mars 2016

Ce projet colossal doit servir d'exemple pour bâtir des villes durables dans le désert africain : à l'horizon 2050, le continent comptera 2,5 milliards d’habitants, dont 60 % vivront dans des villes qui n’existent pas encore.


Le futur campus de l'Université (Crédit : AAAB)
Le futur campus de l'Université (Crédit : AAAB)
Au Sud du Maroc, à 18 kilomètres de la ville de Laâyoune, le roi Mohammed VI a posé début février la première pierre d’un projet architectural d’ampleur dans la commune de Foum el Oued.  Sa particularité : un toit de 83 000 mètres carré composé de "tentes végétalisées", qui recouvrira notamment le campus de la future Université Mohammed VI Polytechnique Laâyoune.

Cet ensemble architectural, dessiné par l’agence d’architecture française Anthony Bechu en partenariat avec l’architecte marocain Fouad Bennouna, doit être inauguré en juin 2018. D’ici là, un consortium composé d’entreprises françaises et marocaines sera chargé de donner forme à ce projet prévu pour fonctionner en symbiose avec l'environnement de cette région au climat désertique.
 
"Notre démarche architecturale s’appuie effectivement sur le potentiel et les atouts de ce site situé en plein milieu d’un oued (un lit de rivière, NDLR)", explique Anthony Bechu au site d’architecture Batiactu.


Le challenge : créer des bâtiments qui épousent les lignes des dunes et utilisent des technologies "durables" en matière de gestion de l’eau et de l’énergie. En clair, intégrer les problématiques que pose le climat local (vent, sables, proximité de la côte Atlantique) à la conception d’un bâtiment.
 
Entre autre installation inspirée de la nature, les concepteurs de ce projet souhaitent élever une canopée de 10 000 m2 en son sein. Un espace qui abritera une rue intérieure et des transverales censées rappeler, selon le site du cabinet Anthony Bechu, "les argiles craquelées de l’Oued" et "canaliser le passage du vent".

Image de synthèse (Crédit : AAAB)
Image de synthèse (Crédit : AAAB)
Cet ensemble architectural se voudra économe en ressources autant qu'en énergie : L’architecte en chef Anthony Bechu entend mettre en place un "recyclage des eaux usées et des déchets organiques en eau réutilisable et bio fertilisants à haute valeur ajoutée", avec les ingénieurs d’Ennesys et déployer un "smart grids" avec l’entreprise Embix. Le tout, dans le but de tendre vers le "zéro déchet" grâce à "la mise en place de boucles circulaires [inspirées] de celles dont la nature est dotée".


(Crédit : Gmaps)
(Crédit : Gmaps)
L'ensemble devra abriter 2 500 étudiants et chercheurs. Il sera composé "d'un pôle d’enseignement et de recherche autour de thématiques liées à l’environnement saharian, d'un pôle de soutien au développement économique des régions du sud, d'un pôle culturel, ainsi que d'infrastructures sociales", précise l’architecte à Batiactu.

Image de synthèse (Crédit : AAAB)
Image de synthèse (Crédit : AAAB)
Les travaux démarreront en 2017. Coût total du projet : 620 000 millions de dihram, soit 62,5 millions d’euros. En contribuant à l’essor économique et social de cette région, les concepteurs du projet espèrent inciter d’autres architectes africains à bâtir des villes durables dans le désert. "En 2050, l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants, dont 60 % vivront dans des villes qui n’existent pas encore", avance ainsi Anthony Béchut.







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