Une alternative au cuir animal : le textile à base de fibre d'ananas

I Publié le 26 Décembre 2014

Puisant dans la tradition textile philippine, la designeuse Carmen Hijosa a mis au point un tissu moins cher, aussi souple et résistant que le cuir animal.


©Connect Innovateuk - Mike Pitts
©Connect Innovateuk - Mike Pitts
Aux Philippines, lors de cérémonies officielles, les hommes portent par dessus leur chemise un vêtement transparent appelé Barong Tagalog. Sa matière ? Des fibres de feuilles d'ananas ! Carmen Hijosa, une designeuse espagnole, a découvert ce textile fin et robuste dès les années 1990. Elle détecte alors le potentiel de cette fibre, qu'elle pense capable de remplacer le cuir, très critiqué par les associations de défense des animaux.

Carmen Hijosa s'est alors inspirée de cet usage philippin pour lancer la marque Piñatex et l'entreprise Ananas Anam. Après une dizaine d'années de recherche et développement, la designeuse a mis au point des chaussures, sacs, sièges auto, poufs, chapeaux et accessoires pour téléphone en fibres de feuilles d'ananas. Le 12 décembre dernier, ces produits ont été présentés au grand public au Royal College of Art de Londres.

Moins cher que le cuir

Premier maillon de la filière, une communauté de fermiers philippins décortique les fibres du fruit exotique. Celles-ci sont ensuite envoyées en Angleterre et en Espagne afin d'être transformées en maillage non tissé. Le reste des matières végétales, est transformé en bio-gaz et engrais organique, destiné aux communautés philippines, dans l'esprit "cradle to cradle", qui consiste à considérer tout élément comme une ressource et non plus comme un déchet. Prix de ce textile nouvelle génération: 23 euros du mètre carrés, contre 25 à 38 euros pour du cuir traditionnel, rapporte The Guardian

Le cycle de vie des produits de Piñatex selon le modèle "cradle to cradle" - ©Piñatex
Le cycle de vie des produits de Piñatex selon le modèle "cradle to cradle" - ©Piñatex

Si les accessoires de la marque Piñatex sont encore des prototypes, Carmen Hijosa espère vendre son textile au mètre dès 2018. Cela ne devrait certes pas provoquer une baisse sensible de la production de peaux animales : 7 000 tonnes annuelles selon la FAO... Mais pourrait constituer une alternative parmi d'autres au cuir.


Thomas Masson
Journaliste We Demain
Twitter : @Alter_Egaux
 


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