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12 millions de "runners" en France : Et si vous faisiez vos courses en pleine nature ?

I Publié le 18 Août 2016

Discipline écolo, le trail est aussi un outil de développement durable. La motivation des "traileurs" ? Courir dans un écrin naturel en favorisant les bons gestes pour le préserver.


De plus en plus de ces coureurs délaissent le bitume pour les sentiers. (Crédit : VSF-ATHLETISME)
De plus en plus de ces coureurs délaissent le bitume pour les sentiers. (Crédit : VSF-ATHLETISME)
Je cours, tu cours, nous courons. En France, nous sommes même douze millions de runners. Et de plus en plus de ces coureurs délaissent le bitume pour les sentiers : la moitié d’entre eux pratiquent ou ont pratiqué le trail, course longue en pleine nature, et ils sont un million environ à se définir comme "traileurs".

En montagne, en forêt, au bord de la mer, ils choisiront un parcours balisé ou, pour les plus accros, parmi les 2 600 épreuves organisées cette année à travers l’Hexagone (sur 8 000 courses à pied au total). "Découvrir des espaces naturels, d’autres paysages", telle est leur première motivation.

Sans oublier le plaisir unique d’affronter les variations climatiques dans un milieu parfois hostile. Un milieu qu’ils doivent respecter, qu’ils portent un dossard de compétiteur ou "trailent" pour le plaisir. Contrairement aux marathons qui laissent les routes pavées de mauvaises intentions – bouteilles vides, peaux de banane et autres emballages en plastique –, les trails favorisent les bons gestes pour sauvegarder l’écrin naturel.

Outil de développement durable

Le plus célèbre et le plus difficile, en France, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), une boucle de 170 km et plus de 9 000 mètres de dénivelé autour du toit de l’Europe, a ainsi été choisi l’an dernier par le ministère des Sports pour inaugurer son Tri’Tour, tournée de sensibilisation au tri des déchets sur les grands événements sportifs.

Créé en 2003, l’UTMB a innové très tôt avec des initiatives qui, depuis, ont fait école : le gobelet réutilisable, la pochette pour transporter les déchets jusqu’au prochain ravitaillement, l’eau du robinet et les produits locaux pour assurer les ravitaillements, la signalétique pour indiquer la présence de troupeaux ou déconseiller l’utilisation des bâtons, l’entretien et la réfection des sentiers avant et après la course.

Autant de bonnes idées à suivre. Discipline écolo, le trail s’avère ainsi être un outil de développement durable pour les territoires de montagne. Saint-Pierre-de-Chartreuse, en Isère, a décidé d’anticiper le déclin de l’enneigement et de sortir du "tout ski" en misant sur cette activité qui a l’avantage de se pratiquer toute l’année.

Le village s’est doté en 2011 d’une "station de trail" – un concept inventé par Benoît Laval, traileur et PDG fondateur de l’équipementier Raidlight –, avec le concours de la communauté de communes et du Parc naturel régional de Chartreuse. Un lieu entièrement dédié à l’apprentissage du trail et à l’entraînement, avec un camp de base (accueil, conseils, topo-guides, vestiaires, douches), des parcours balisés, des ateliers pour la technique, etc.

Empreinte carbone neutre

Depuis 2014, des parcours permettent même de partir, en courant, de Grenoble ou de Saint-Hilaire-du-Touvet et de rejoindre les sentiers autour de Saint-Pierre.
 
​"On accueille 10 000 à 12 000 personnes par an, essentiellement du printemps à l’automne, précise Benoît Laval. C’est à la fois beaucoup pour les communes, en matière d’image et de retombées économiques, mais cela reste raisonnable, en proportion des 100 000 visiteurs annuels du parc : il n’y a pas de surfréquentation des sentiers."

Le concept a essaimé : il existe désormais vingt-cinq stations de trail, dont une en Belgique et une en Espagne. Même Chamonix, territoire des skieurs jusqu’au printemps, mise sur la discipline avec dix-huit parcours balisés au départ du village. Fort de son empreinte carbone neutre, le trail n’a pas fini de grimper.

ASTUCES & CONSEILS

UTMB, le sommet mondial du trail L’Ultra-Trail du Mont-Blanc, inauguré en 2003 à Chamonix, est devenu une course de légende, dans le décor fascinant du sommet de l’Europe. Pour vivre cette aventure, inscrivez-vous un an à l’avance à une des cinq épreuves (de 55 à 290 km !) ou encouragez les 7 500 traileurs engagés. Du 22 au 28 août. ultratrailmb.com

Suivez nos cinq conseils :

• 1 Commencez l’entraînement par un stage spécifique (ucpa-vacances.com, allibert-trekking.com, terdav.com, etc.) ou en rejoignant une des 23 "stations de trail françaises" (stationdetrail.com). Et n’oubliez pas les chaussures spécifiques (sur raidlight.com, par exemple).

• 2 Trouvez des parcours près de chez vous ou sur votre lieu de vacances grâce aux topo-guides : Altitrail Mont-Blanc. Courir en montagne ; Trail en France. Topo-guide des plus belles boucles.

• 3 Pour votre première compétition, ne vous surestimez pas : choisissez un trail court avec un dénivelé abordable : 100 m de dénivelé correspondent à environ 1 km d’effort supplémentaire, donc 1 000 m de dénivelé allongent de 10 km virtuels votre épreuve.

• 4 Inscrivez-vous à un trail près de chez vous grâce aux agendas des sites spécialisés trails-endurance.com ou esprit-trail.com.

• 5 Connectez-vous à l’appli Stations de trail, avec moteur de recherche pour choisir votre parcours, suivi en temps réel, chronométrage de vos performances, etc. Gratuit, iOS et Android.

Eliane Patriarca.





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