Société-Économie

(3) Imitons la nature ! L'industrie française au défi du biomimétisme

Par I Publié le 8 Septembre 2016


Calquées sur la forme des nageoires de la baleine à bosse, les pales crantées permettent aux éoliennes des gains de production d'énergie de l'ordre de 20 %. (Crédit : Robert Clark)
Calquées sur la forme des nageoires de la baleine à bosse, les pales crantées permettent aux éoliennes des gains de production d'énergie de l'ordre de 20 %. (Crédit : Robert Clark)
On pourrait aussi citer la nacre produite par l’ormeau rouge, qui présente des propriétés mécaniques supérieures à celles des céramiques industrielles devant résister à de très hautes températures (blindages militaires légers, matériaux aéronautiques…) ; la peau du requin, qui a inspiré des revêtements optimisant l’hydrodynamisme et l’aérodynamisme de bateaux ou d’avions ; la néréide, un ver de sable qui a servi de modèle pour le développement d’un endoscope (instrument d’optique) robotisé.

Sans oublier l’arénicole, un autre ver de sable, riche d’une hémoglobine universellement transfusable (O-) et cinquante fois plus oxygénante que l’hémoglobine humaine. De quoi révolutionner la transplantation d’organes ! Enfin, le biomimétisme est une mine d’inspiration pour les nanotechnologies. La surface des ailes de lépidoptères a par exemple été imitée en laboratoire pour améliorer la communication par fibre optique. D’autres scientifiques travaillent sur des architectures de circuits électroniques inspirés des interconnexions neuronales du cerveau.

Résister et contourner les obstacles

L’équilibre complexe et durable des écosystèmes est une autre source d’inspiration pour la recherche : la forêt tropicale, les récifs coralliens… Ou encore les échanges entre les arbres et les champignons. Les premiers, par photosynthèse, produisent des sucres qui profitent aux seconds, alors que les champignons récoltent eau et sels minéraux…, dont les arbres bénéficient.

Des leçons surprenantes sont même à tirer en matière d’organisation : Idriss Aberkane, de l’université américaine Stanford, a observé que les populations "d’insectes sociaux", comme les fourmis, comptent toujours 10 % d’individus inactifs, qui vont jusqu’à gêner le travail des ouvrières. Mais, privée de ces "paresseuses", la fourmilière s’effondre ! Ce sont elles qui "entraînent la communauté à résister, à réagir, à contourner les obstacles", en conclut le chercheur.

Relever le défi d'un développement durable

Il ne fait plus de doute que le biomimétisme est un enjeu essentiel pour créer de nouveaux produits, services et modèles permettant de relever le défi d’un développement durable. En France, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a listé les secteurs concernés.

La chimie verte et les biotechnologies arrivent en tête, à travers la production, par des micro-organismes, d’antibiotiques ou de vitamine B2 économisant jusqu’à 75 % de matières non renouvelables et réduisant de moitié les émissions de composés organiques volatiles. Viennent ensuite les écomatériaux industriels, qui permettent de produire des vitres autonettoyantes ou encore des rubans adhésifs très performants, inspirés par la structure des pattes du gecko.

La transition énergétique est également concernée, avec les recherches sur la photosynthèse artificielle pour convertir directement l’énergie solaire en électricité, ou produire de l’hydrogène. Sans oublier la permaculture, l’architecture, l’urbanisme…













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