Santé

300 millions d’obèses : la faute à nos papilles ?

Par Kyrill Nikitine I Publié le 26 Juin 2018

L’homme de la fin du 21ème siècle sera-t-il myope, sourd, obèse, le nez congestionné et totalement imberbe ? Nos cinq sens sont quotidiennement agressés. Et s’ils n’étaient pas immuables ? Modifiés, fragilisés par notre vie urbaine et l’utilisation d’outils technologiques, il est pourtant urgent de les préserver. Premier volet de notre série: les dangers qui guettent notre goût.


GUY BOURDIN. « Le plus innovant des voyeurs », disait de lui The New Yorker quelques années après la disparition du photographe, en 1991. Inspiré et parrainé par le surréaliste Man Ray dès 1952, Guy Bourdin a secoué le monde de la mode jusque dans les années 1980. Il reste un modèle du genre – le sien ! – pour tous les grands photographes qui l’ont suivi, de Mondino à David LaChapelle. (Crédit photo: Guy Bourdin)
GUY BOURDIN. « Le plus innovant des voyeurs », disait de lui The New Yorker quelques années après la disparition du photographe, en 1991. Inspiré et parrainé par le surréaliste Man Ray dès 1952, Guy Bourdin a secoué le monde de la mode jusque dans les années 1980. Il reste un modèle du genre – le sien ! – pour tous les grands photographes qui l’ont suivi, de Mondino à David LaChapelle. (Crédit photo: Guy Bourdin)
Le goût n’est pas un simple canalisateur de plaisir, c’est également un des piliers de notre santé. D’abord parce que c’est lui qui nous « appelle » à manger.

Or ce dernier se détraque face aux sirènes du gras, du sucre et du sel. Selon l’indice de masse corporelle (IMC), nous serions un milliard en surpoids et la planète compterait plus de 300 millions d’obèses.

Cette addiction aux produits à la fois gras et sucrés, incluant les édulcorants synthétiques et les protéines au goût sucré, est à l’origine du diabète, des maladies cardio-vasculaires, de l’hypertension et de nombreux cancers.

Modeler notre goût, c’est donc modeler notre santé. Mais avant cela, il faut le connaître !

Pour Loïc Briand, chercheur à l’INRA, "cette idée que l’on se fait de la palette des saveurs réparties à différents endroits sur notre langue est totalement fausse ". La répartition de nos récepteurs gustatifs est bien plus complexe : du cerveau jusqu’à notre sexe en passant par les intestins, ils participent activement au bon fonctionnement de nos défenses immunitaires et un manque de diversification des saveurs peut avoir de lourdes conséquences.

Des chercheurs ont montré que la saveur de l’amertume jouait ainsi un rôle crucial. Alors que le sucré, le salé, l’acide et l’umami ne possèdent qu’une seule sorte de récepteur, il existe au moins 25 types différents de récepteurs pour détecter l’amertume !

Or ces récepteurs gustatifs, sous forme de protéines, déclenchent un système d’autodéfense tuant de nombreuses bactéries. La sinusite chronique est par exemple directement liée à la dérégulation de notre système gustatif. Plus de 35 millions d’Américains en sont affectés. Un véritable cercle vicieux : la prise prolongée d’antibiotiques diminue leur efficacité. Seule solution, l’intervention chirurgicale.














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