Société-Économie

500 personnalités appellent à un "lundi vert" sans viande ni poisson

Cap ou pas cap de bannir viande et poisson de vos repas du lundi ? Le mouvement "Lundi vert" met les Français au défi de s'en passer une fois par semaine, dès ce 7 janvier.

Par Pauline Vallée I Publié le 4 Janvier 2019


"Pour la planète, la santé et les animaux." Plus de 500 personnalités ont signé ce jeudi 3 janvier une tribune dans le quotidien Le Monde pour promouvoir l’instauration d’un "Lundi vert". Elles s’engagent à ne plus consommer de viande ni de poisson les lundis, à compter du 7 janvier, et encouragent les Français à en faire de même.

Parmi les signataires figurent plusieurs militants bien connus de la transition écologique, comme l’essayiste Pierre Rabhi ou l’écrivain Julien Vidal. Mais également des artistes (Isabelle Adjani, Marie-Claude Pietragalla, Cécile de France...), des sportifs, des scientifiques, des chercheurs ainsi que des politiques comme le député LREM et mathématicien Cédric Villani ou l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry.


Diminuer les risques de diabète et de cancer

Pour les auteurs de la tribune, instaurer un "lundi sans viande" doit s'inscrire dans une démarche globale de réduction de la consommation de produits carnés. Pour la planète, mais aussi pour notre santé : manger moins de viande diminuerait les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.

Aujourd’hui, les Français qui consomment près de 100 g de viande chaque jour augmentent de 30 % leur probabilité de développer un cancer en comparaison à ceux qui se limitent à 40 g en moyenne", soulignent-ils.
 

Le manifeste du lundi vert rappelle également le coût écologique de la production de viande. Outre ses conséquences sur la déforestation et la perte de biodiversité, l’élevage contribue pour 14,5 % aux émissions totales de gaz à effets de serre, selon les Nations Unies. Une étude parue dans la revue Nature en octobre dernier estime que la population mondiale devrait réduire de 90 % sa consommation de boeuf et de 75 % sa consommation de porc d'ici 2050 pour préserver la planète.

Enfin, les conditions parfois scandaleuses d'élevage et d'abattage des animaux constituent un argument supplémentaire pour appeler à changer de diète.

Une tendance de fond

L’initiative du Lundi vert participe d'un mouvement plus large. Il s’inspire du Meatless Monday, une campagne internationale lancée en 2003 par l’Ecole de Santé Publique Johns Hopkins de Baltimore, qui regroupe une quarantaine de pays dans le monde. 

Sur les réseaux sociaux, le lancement n’est pas passé inaperçu et les avis sont partagés. Certains s’enthousiasment tandis que d’autres s’agacent de la verticalité d’un tel mouvement, porté par une minorité très médiatisée. Des internautes regrettent également que l’accent soit mis sur les choix individuels au détriment de la responsabilité de l'industrie agroalimentaire.
 


En lien avec l’opération, les volontaires peuvent rejoindre une expérience de recherche sur le changement alimentaire menée par des chercheurs du CNRS, de l’INRA et de plusieurs universités françaises. Il suffit pour cela de remplir un formulaire en ligne en décrivant son régime alimentaire (vegan, végétarien, flexitarien, omnivore).

Les participants pourront ensuite recevoir des conseils chaque lundi par mail ou par SMS pour remplacer les produits carnés dans leur assiette par des alternatives végétales. Une habitude à laquelle les Français semblent prendre goût: selon une étude publiée par le Crédoc en septembre 2018 , la consommation nationale de viande est en recul constant depuis vingt ans.












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