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À Eindhoven, 100 euros d'économies de loyer contre l'accueil d'un réfugié

Par I Publié le 20 Juin 2016

En lançant ce projet inédit, le bailleur social néerlandais The Trudo housing corporation souhaite encourager la diversité sociale et ethnique d'un quartier défavorisé.


Image du centre-ville d'Eindhoven, sur la place du "18 septembre". (Crédit : Curt Woyte/Wikimedia Commons)
Image du centre-ville d'Eindhoven, sur la place du "18 septembre". (Crédit : Curt Woyte/Wikimedia Commons)
Payer moins de loyer tout en aidant des réfugiés à mieux s’intégrer. C’est la combinaison astucieuse qu'a imaginé le bailleur social néerlandais The Trudo housing corporation pour encourager les citoyens à accompagner les nouveaux arrivants dans leurs démarches administratives et leur nouveau quotidien. Cette agence est basée à Eindhoven (sud des Pays-Bas). Elle possède et gère 30 % de tous les logements du pays.

Désormais, lorsque ses locataires acceptent d’offrir dix heures de leur temps pour aider des réfugiés à comprendre et à naviguer à travers les règles de leur nouveau pays d’adoption, The Trudo housing corporation fait baisser leur loyer mensuel de cent euros.

 
"Nous exigeons des locataires qu’ils fassent deux choses : d’abord, ils doivent aider les réfugiés à déménager dans leur nouvelle maison, à faire connaissance avec leurs voisins, et à apprendre les habitudes de la vie quotidienne, comme quand sortir les poubelles.

Ensuite, ils établissent le lien entre eux et les institutions, comme les organismes linguistiques, éducatifs, d’emploi ou de sécurité sociale, afin de les aider à régler leurs problèmes plus rapidement",  explique Thom Aussems, le manager en chef de l’agence, au quotidien britannique The Guardian.

Thom Aussems, le manager en chef de The Trudo housing corporation (Crédit : Trudo via The Guardian)
Thom Aussems, le manager en chef de The Trudo housing corporation (Crédit : Trudo via The Guardian)

Encourager la diversité dans les zones les plus défavorisées

Le bailleur social est fortement représenté dans certains des quartiers les plus défavorisés d’Eindhoven, dans lesquels le loyer mensuel est d’environ 435 euros. En 2016, il avait l'obligation légale d’y loger 85 réfugiés (qui peuvent prétendre à l’accès au logement social). En 2017, il prévoit d'en loger deux fois plus. En les accueillant chez eux, les locataires économiseront près d'un quart du montant annuel de leur loyer - une belle "carotte" selon The Trudo housing corporation.

L'organisme espère ainsi aider à encourager la diversité dans les zones les plus défavorisées. En 2015, le nombre de demandeurs d'asile a doublé aux Pays-Bas, atteignant 59 000 demandes.

Une actualité sur laquelle a surfé Geert Wilders, le chef du parti populiste de droite Parti pour la liberté : après le scandale des agressions sexuelles du Nouvel An à Cologne (Allemagne), il n'avait pas hésité à proposer de tout bonnement enfermer tous les réfugiés de sexe masculin...

Incantation qui, selon la chaîne de radio régionale néerlandaise Omroep Brabant, a provoqué des émeutes dans certains quartiers néerlandais. "Les tensions sociales arrivent quand les gens ne se connaissent pas, ne parviennent pas à se comprendre ou à communiquer", estime pour sa part Thom Aussems. Avec ce nouveau projet, il espère y remédier : une initiative dont l'annonce s'est faite à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés.




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