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À Nantes, une association collecte les biodéchets à vélo-remorque

Par Natacha Delmotte I Publié le 17 Juin 2016

Pour rendre le compostage accessible aux restaurateurs de centre ville, l'association La Tricyclerie s'organise pour développer une collecte régulière des déchets biodégradables. Le but : les réinjecter dans l'agriculture sous forme de compost.


Valentine, jeune tricycleuse, a récolté plus de 60 kg de biodéchets lors d'une collecte (Crédit : La Tricyclerie/Facebook)
Valentine, jeune tricycleuse, a récolté plus de 60 kg de biodéchets lors d'une collecte (Crédit : La Tricyclerie/Facebook)
Dans nos poubelles, un tiers des déchets sont organiques, c’est-à-dire transformable en compost. À terme, ils peuvent servir d’engrais pour l’agriculture. Dans les restaurants, les biodéchets composent quasiment 50 % des poubelles. Mais en milieu urbain, les possibilités de compostage sont souvent limitées : pas de place pour les composter chez soi, pas de collecte ou pas de composteur de proximité.

À Nantes, poussée par la dynamique d'un plan intitulé "territoire zéro déchet, zéro gaspillage ", une association s'est lancé un défi. Depuis sa création en janvier, le Tricyclerie se développe pour organiser une collecte régulière des biodéchets des restaurateurs… à vélo.
 

"Notre nom, La Tricyclerie, allie le tri, le cycle des biodéchets et le tricycle comme moyen de transport", explique Coline Billon, ingénieure en environnement, cocréatrice de l’association, dans une vidéo de présentation.


Six à sept kilogrammes de biodéchets collectés

La mise en place d'une collecte régulière est prévue pour début juillet. Deux fois par semaine, un "tricycleur" bénévole passera dans neuf restaurants partenaires du projet pour récupérer leurs déchets organiques. Faute de moyens, la collecte restera concentrée sur un seul quartier dans un premier temps. En moyenne, le parcours du "tricycleur" sera long de cinq à sept kilomètres.
 

"On récupèrera en moyenne six à sept kilogrammes de biodéchets par restaurant, ce qui nous fera une centaine de kilos récoltés par semaine", calcule Coline Billon.

La Tricyclerie résumée en image (Crédit : Julie Boiveau/latricyclerie.strikingly.com)
La Tricyclerie résumée en image (Crédit : Julie Boiveau/latricyclerie.strikingly.com)

C'est pour minimiser son impact sur l’environnement que les initiateurs de cette collecte ont décidé de l'effectuer au guidon d'un vélo-remorque. Mais pour transporter les 70 à 80 kg moyens de déchets récupérés à chaque collecte, ce dernier sera à assistance électrique, et "assez maniable", selon la "tricycleuse".


Des déchets biodégradables transportés dans les fermes

La Tricyclerie distribue des seaux pour récolter le compost (Crédit : La Tricyclerie/Facebook)
La Tricyclerie distribue des seaux pour récolter le compost (Crédit : La Tricyclerie/Facebook)
Une fois récoltés, les biodéchets seront pris en charge par une entreprise, Compost In Situ. Une partie de ces déchets biodégradables seront alors transportés dans des fermes alentours, tandis que l'autre partie sera réservée aux parcelles de culture urbaine. Le tout sera transformé en compost afin de fertiliser les sols.

L’association a déjà mené deux phases d’expérimentation. La première a eu lieu au cours des mois de novembre et décembre 2015 avec deux "tricycleurs". La seconde entre février et avril 2015, avec huit bénévoles cette fois.


Le résultat est plutôt encourageant. En un mois et demi, l'association a récolté 1,2 tonne de biodéchets dans les restaurants partenaires. Et les restaurateurs ont tous manifesté leur volonté de pérenniser le concept.
 

"Ce qui m'inspire avec La Tricyclerie, c'est la saine répartition entre nos déchets. Ça colle avec la politique de notre bistrot de travailler avec des produits frais et de saison. (...) Et je préfère que ça nourrisse la terre plutôt qu'un incinérateur!", témoigne Marine, du restaurant Lulu la Nantaise.


Pédaler pour développer la collecte

L’association cherche à présent de nouveaux moyens de se développer et les pistes ne manquent pas. Elle voudrait, à terme, s'étendre à d'autres quartiers et permettre à d'autres commerces de bénéficier de ce nouveau service.

La Tricyclerie espère aussi collecter les déchets des particuliers. Une démarche qui nécessite des besoins logistiques encore trop importants à ce jour.

Pour se développer, l'association souhaite s'étendre à d'autres zones de Nantes (Crédit : La Tricyclerie/helloasso.com)
Pour se développer, l'association souhaite s'étendre à d'autres zones de Nantes (Crédit : La Tricyclerie/helloasso.com)
L'association a lancé une campagne de crowdfunding début juin. Mais elle cherche à mettre au point un modèle économique durable pour créer rapidement un emploi dédié à la coordination et au développement de l’activité et pouvoir, d’ici deux ou trois ans, employer des "tricycleurs".

"Nous travaillons en partenariat avec les restaurants à la réflexion d’un modèle économique", explique Coline Billon. En attendant de pouvoir embaucher, elle peut toujours compter sur les bénévoles et sur les nombreux particuliers qui se proposent de pédaler pour l'association.





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