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À Paris, un festival de trois jours pour s'initier au "zéro-déchets"

Par I Publié le 18 Juin 2016

Le festival Zero Waste se tiendra du jeudi 30 juin au samedi 2 juillet. L'occasion de découvrir comment réduire sa production de déchets, tout en rencontrant des acteurs historiques du mouvement. L'interview de Flore Berlingen, présidente de l'association Zero Waste France.


Des poubelles de tri au Brésil. (Crédit : Patrick/Wikimedia Commons)
Des poubelles de tri au Brésil. (Crédit : Patrick/Wikimedia Commons)

We Demain : Pourquoi avez-vous décidé de vous engager en faveur de la vie zéro-déchets ?

Flore Berlingen : C'est avant tout par préoccupation écologique mais aussi sociale. Le recyclage est une bonne chose, mais, dans les faits, l'essentiel de nos déchets n'est pas retraité. Il existe 110 incinérateurs et 250 décharges en France. Une tonne de déchets incinérés produisent 350 kilos de mâchefer, 50 kilos de déchets hautement toxiques, plus des dioxines qui s'échappent dans l'atmosphère. Il est beaucoup plus pertinent d'agir à la source en réduisant le nombre de nos déchets et en faisant durer nos biens. On évite ainsi le gaspillage d'eau, d'énergie, de matières premières et la pollution de notre environnement.


Flore Berlingen, présidente de Zéro Waste France. (Crédit : DR)
Flore Berlingen, présidente de Zéro Waste France. (Crédit : DR)

Est-ce souhaitable pour l'économie ?

Bien-sûr ! Les activités zéro-déchet sont très bénéfiques pour l'emploi et l'activité économique locale. C'est aussi une source d'économies importantes pour les ménages et les collectivités. Par exemple, la ville de Trévise en Italie ne produit plus que 53 kilos de déchets par habitant et par an contre plus de 350 kilos pour un Français ! C'est autant de taxes en moins pour les habitants.


Où en est le mouvement Zéro Waste en France ?

À l'origine, il y avait le Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid ) fondé en 1997. Il a été rebaptisé Zero Waste France en 2014 pour rejoindre le mouvement mondial. C'est un nom plus facile à retenir pour le public, et puis le mot waste a deux significations en anglais : déchet et gaspillage. Nos deux terrains de bataille. Aujourd'hui ce sont déjà plus de 2 500 citoyens, 300 organisations et élus qui nous soutiennent dans cette démarche.


(Crédit : Zero Waste France)
(Crédit : Zero Waste France)

Comment s'organise-t-il ?

Il y a trois types d'acteurs : des individus qui choisissent le zéro-déchet comme challenge individuel. Il y en a eu beaucoup à la suite du livre Zéro déchets de Béa Johnson paru en 2013. C'est un mouvement qui est très fort sur les blogs et les réseaux sociaux. Il y a aussi des collectivités, à travers leurs politiques zéro-déchet. L'exemple emblématique est San Francisco mais il y aussi des villes italiennes qui vont encore plus loin.

Il y a enfin les entrepreneurs. Il faut des porteurs de projets pour créer des alternatives de consommation et des nouveaux services. Il y a par exemple un essor incroyable de la vente en vrac dans toute la France, ainsi que des services de réparation, de location de matériel ou de reconditionnement. Nous les accompagnons face aux questions juridiques et afin qu'ils mutualisent leurs expériences.


Quelle est la programmation du festival ?

Il se déroulera du jeudi 30 juin au samedi 2 juillet au Cabaret Sauvage, Porte de la Villette à Paris. Il y aura des conférences et des sessions de réflexion où l'on pourra rencontrer des acteurs du mouvement zéro-déchet. Il y aura entre autres Philippe Bihouix, auteur du livre L'âge des Low Techs, Cyril Dion, le réalisateur du film Demain, qui sera par ailleurs projeté durant le festival. Mais aussi Béa Johnson et la famille "presque zéro déchet" auteure du blog du même nom.

On pourra également visiter un appartement témoin et participer à des ateliers. Par exemple, comment construire un lombricomposteur, découvrir les nouvelles couches lavables, fabriquer ses produits d'hygiène ou d'entretien, et même apprendre à réparer son téléphone portable !


Atelier de réparation de vêtements Patagonia. (Crédit : Jean-Jacques Valette)
Atelier de réparation de vêtements Patagonia. (Crédit : Jean-Jacques Valette)

Un conseil pour nos lecteurs qui ne pourront être présents ?

Si on se met à composter, on peut déjà réduire d'un tiers le volume de ses poubelles. C'est évidemment plus facile si on a un jardin mais on peut aussi utiliser un lombricomposteur en appartement. Les nouveaux modèles sont garantis sans fuites et sans odeurs ! Ensuite il faut limiter les emballages. C'est beaucoup plus facile si on fait ses courses au marché, dans des boutiques de vrac ou des commerces de proximité comme les boulangers. Enfin, il faut avoir le réflexe de la réparation et de l'occasion. En plus des traditionnels marchés aux puces et sites de petites annonces, il existe de plus en plus de sites spécialisés par exemple dans les articles pour bébé ou le matériel électronique.


Retrouvez toute la programmation sur le site du festival.








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