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Coronavirus : le point sur les traitements et vaccins

Par I Publié le 30 Mars 2020

Les laboratoires se mobilisent pour fournir au plus vite des médicaments et vaccins afin d’enrayer l’épidémie de coronavirus. Plusieurs pistes sont prometteuses, mais il faudra attendre au moins plusieurs semaines avant que les premiers traitements ne soient commercialisés.


(Crédit : Pixabay)
(Crédit : Pixabay)

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Aucun traitement ni vaccin n’a encore été mis au point contre le virus Covid-19, alors que le cap des 34 000 décès a été franchi dans le monde. Mais la recherche s’organise. We Demain fait le point sur les dernières avancées médicales.

Du côté des traitements

Rappelons d'abord que la maladie étant due à un virus, le coronavirus Sars-CoV2, et non une bactérie, les antibiotiques s'avèrent inefficaces (sauf pour prévenir une surinfection).
 
  • Tous les regards se tournent vers l’hydroxychloroquine, une molécule qui exerce une activité anti-inflammatoire et antivirale. La substance, combinée à un antibiotique, a déjà été testée par l’infectiologue Didier Raoult, directeur de l'IHU de Marseille, sur 120 patients dans le cadre de deux essais cliniques.

Attention à ne pas confondre la chloroquine (plus connue sous le nom de Nivaquine) et l’hydroxychloroquine (Plaquenil), précise l'Inserm. Bien que ces deux molécules aient le même mode d'action, la chloroquine présente une marge thérapeutique plus étroite que l'hydroxychloroquine, c'est-à-dire qu'une variation légère de sa concentration dans l'organisme peut entraîner des effets indésirables graves. 

Après de premiers résultats encourageants, l’hydroxychloroquine a été intégrée dans l’essai européen Discovery aux côtés de trois autres traitements expérimentaux contre le Covid-19.

Dès la publication des premiers résultats par le professeur Raoult, des voix se sont élevées pour défendre une administration à grande échelle de la molécule sur les personnes contaminées, sans attendre les résultats des tests cliniques. Son utilisation fait débat en France, où elle n’est pour l’heure administrée qu’aux patients hospitalisés dans un état grave.

L’hydroxychloroquine n’est pas sans danger. Sa prise peut entraîner des effets secondaires graves, comme des troubles cardiaques. A ce titre, l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine recommande fortement  de ne pas la consommer en automédication.
 
  • Les trois autres thérapies incluses dans l’essai Discovery sont le remdesivir, une combinaison lopinavir+ritonavir et une seconde combinaison lopinavir+ritonavir+interféron bêta. Elles sont testées depuis le 22 mars sur 3 200 Européens, dont 800 Français, atteints de formes sévères du Covid-19.
 
  • Les laboratoires Sanofi et Regeneron ont débuté le 16 mars des essais cliniques afin d’évaluer l’efficacité du Kevzara, un immunosuppresseur (qui inhibent l’activité du système immunitaire) déjà utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, et qui pourrait aider les patients atteints d’un syndrome de détresse respiratoire aigüe. Le programme vient d’entrer en phase 2, incluant pour la première fois des premiers patients non-américains. 

Du côté des vaccins

Solution de long terme contre la maladie, la création d’un vaccin nécessite un délai de plusieurs mois entre sa conception et sa mise sur le marché. Les travaux en cours en sont pour le moment au stade préclinique. Une bonne nouvelle néanmoins : la relative stabilité génétique du virus pourrait rendre le futur vaccin efficace sur le long terme (contrairement au vaccin pour la grippe, qui change tous les ans). 
 
  • Aux États-Unis, le premier essai clinique pour tester un vaccin a débuté le 16 mars. Le mRNA-1273 a été développé par des scientifiques des Instituts nationaux de santé américains (NIH) et de l’entreprise de biotechnologies américaine Moderna. Les essais seront menés sur 45 adultes volontaires pendant environ six semaines, ont indiqué les NIH dans un communiqué. Si tout se passe bien, il pourrait être disponible d’ici 12 à 18 mois.
 
  • L’Europe est aussi dans la course pour mettre au point un vaccin, la société allemande CureVac ayant annoncé être en mesure de commencer ses premiers tests d’ici les prochains mois.
 
  • En France, les chercheurs de l’Institut Pasteur ont également commencé à élaborer un dérivé de vaccin en s’inspirant d’un vaccin existant, celui contre la rougeole. Les équipes françaises ont identifié "le morceau d'ADN à même de déclencher une réponse immunitaire", explique le virologue Frédéric Tanguy dans L’Express, et pourraient commencer à tester un vaccin cet été.
 
  • La branche vaccin du laboratoire français Sanofi collabore également depuis février avec l’autorité américaine de recherche et développement biomédical avancé (BARDA) pour mettre au point un vaccin-candidat préclinique avancé contre le SRAS qui pourrait également protéger contre le Covid-19. Selon David Loew, vice-président exécutif de Sanofi Pasteur, les premiers essais cliniques pourraient débuter “dans environ un an à un an et demi”.











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