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Société-Économie

Après #metoo, trois Allemands créent une appli qui certifie le consentement avant l'acte sexuel

Par I Publié le 11 Janvier 2018

Cet outil sécurisé est aussi une façon d'anticiper des projets de loi comme celui de la Suède, qui pourrait imposer un consentement explicite.


Dans l'épisode Hang the DJ de la saison 4 de Black Mirror, les protagonistes donnent leur consentement pour qu'une IA gèrent leurs relations amoureuses. (Crédit : Capture d'écran Netflix)
Dans l'épisode Hang the DJ de la saison 4 de Black Mirror, les protagonistes donnent leur consentement pour qu'une IA gèrent leurs relations amoureuses. (Crédit : Capture d'écran Netflix)
Après l'onde de choc provoquée par les hashtags #balancetonporc et du #metoo, certains hommes prennent peur et cherchent des solutions pour se protéger. C’est le cas de trois Allemands, fondateurs de l’entreprise LegalThings – Arnold Daniels, Rick Schmitz et Martijn Migchelsen – qui mettent actuellement au point une appli permettant de s'assurer du consentement sexuel explicite de sa nouvelle conquête... en le consignant dans un registre sécurisé !
 
Vous avez l’impression de lire le synopsis d’un épisode de la dernière saison de Black Mirror ? Et pourtant, il s’agit bien de notre monde. 

Vous pouvez envoyer une demande de consentement à vos contacts. (Crédit : LegalFling)
Vous pouvez envoyer une demande de consentement à vos contacts. (Crédit : LegalFling)
"LegalFling est une façon amusante mais claire de définir les règles avant de jouer", expliquent les créateurs.
 
Leur appli baptisée LegalFling permet d’enregistrer ses préférences sexuelles ainsi que les pratiques que que l'on accepte ou non. Vous prévoyez d’avoir un rapport avec l’un de vos contacts ce soir : vous pouvez lui envoyer un "Fling" par Whatsapp, sms ou Messenger pour avoir son consentement.
 
"Demander à quelqu'un de signer un contrat avant que le plaisir commence est un peu inconfortable. Un simple clic est simple comme compter jusqu’à 3", peut-on lire sur le site internet du projet.

"Le sexe devrait être amusant et sûr"

Une fois la demande acceptée, les deux parties ont accès au "contrat". Ils peuvent ainsi consulter les préférences de l’autre.

Les utilisateurs indiquent les pratiques qu'ils souhaitent ou non faire. (Crédit : LegalFling)
Les utilisateurs indiquent les pratiques qu'ils souhaitent ou non faire. (Crédit : LegalFling)
L’application est sécurisée grâce à la blockchain : seules les deux personnes concernées ont accès au contrat, qui ne peut être modifié ou consulté par autrui.
 
Les fondateurs affirment que ce consentement virtuel consiste en un "accord juridiquement contraignant". Toute violation du contrat, comme le fait de partager au reste du monde des photos compromettantes, sera ainsi considérée comme une infraction.
 
Mais que se passe-t-il si l’une des parties change d’avis après avoir donné son accord ? "Non signifie non à tout moment", rassurent les créateurs. Dans ce cas, dans l'hypothèse où l'acte sexuel se ferait quand même, plus aucun contrat ne protège les deux parties.
 
Avant le mouvement international de dénonciation du harcèlement, lancé en octobre, d’autres applications avaient été lancées, courant 2016, pour éviter les agressions sexuelles sur les campus américains. Mais ces dernières, comme par exemple We Consent  ou SaSie, n’étaient pas protégées par la blockchain et la validité juridique des consentements ne semble pas avérée.
 
Pour le moment, les concepteurs de LegalFling ("liaison légale" en français) attendent l’approbation d’Apple et de Google pour pouvoir lancer l'appli sur les différentes plateformes de téléchargement. En attendant, ils insistent sur l’importance du dialogue entre les partenaires sexuels.




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