Santé

Arrêts cardiaques : avec cette appli, vous pouvez sauver des vies

En France, environ 50 000 personnes meurent chaque année d'un arrêt cardiaque. L'application SAUV Life aide les citoyens volontaires à effectuer les premiers secours avant l'arrivée du SAMU. Une aide précieuse car chaque minute compte.

Par Albane Guichard I Publié le 14 Juin 2019


Après un arrêt cardiaque, 1 minute sans massage diminue les chances de survie de 10 % (Crédit : Shutterstock)
Après un arrêt cardiaque, 1 minute sans massage diminue les chances de survie de 10 % (Crédit : Shutterstock)
Des applications, on en a plein le téléphone : réseaux sociaux, GPS, banque, shopping... Certaines prennent de la place pour rien, d'autres sont essentielles, et peuvent même sauver des vies.

C'est le cas de SAUV Life, une application d'assistance aux victimes d'arrêt cardiaque qui met le SAMU en contact avec des citoyens prêts à effectuer les premiers soins, en attendant son arrivée. Le but : prendre rapidement en charge les victimes, car en cas d'arrêt du cœur, les premières minutes sont cruciales.

Tout le monde peut s'inscrire sur l'application : pas besoin d'être formé, il suffit d'avoir un smartphone et d'être valide. Le SAMU explique au citoyen volontaire les gestes à effectuer et l'accompagne par téléphone jusqu'à ce que les secours arrivent et prennent le relais.

50 000 personnes meurent chaque année en France d'un arrêt cardiaque et les chances de survie sont estimées à 4 %. Encore trop peu de témoins osent intervenir, alors que chaque minute sans massage cardiaque diminue les chances de survie de 10 %.

N'importe qui peut aider à sauver une vie

SAUV Life a donc été créée pour augmenter le nombre de citoyens, formés ou non, qui peuvent porter assistance aux victimes.

À l'inscription, il faut renseigner son numéro de téléphone, son âge et son niveau (volontaire formé ou non formé aux premiers secours, secouriste ou professionnel de santé).

La géolocalisation, le micro et l'appareil photo doivent également être activés. L'application est bien évidemment gratuite.

Le "citoyen sauveteur" reçoit une notification quand un arrêt cardiaque est déclaré près de lui. Il n'a qu'à suivre la géolocalisation de la victime. (Crédit : SAUV Life)
Le "citoyen sauveteur" reçoit une notification quand un arrêt cardiaque est déclaré près de lui. Il n'a qu'à suivre la géolocalisation de la victime. (Crédit : SAUV Life)

Comment ça marche ?

Dès que le 15 reçoit un appel pour un arrêt cardiaque, les secours se mettent en route et l'application SAUV Life est déclenchée.

Les "citoyens sauveteurs" les plus proches (moins de 10 minutes à pied) reçoivent alors une notification indiquant la géolocalisation et la distance à laquelle se trouve la victime.

Le SAMU appelle le citoyen volontaire pour lui expliquer les gestes à effectuer et reste au téléphone avec lui tout du long. La visioconférence, mise en place depuis peu, permet aux secours de montrer au volontaire la technique du massage cardiaque, et de voir la victime avant même d'être sur place.

Si le citoyen ne se sent pas d'effectuer un massage cardiaque, il peut tout de même se rendre utile en allant chercher le défibrillateur le plus proche, géolocalisé sur l'application.


1 minute sans massage = 10 % de chances de survie en moins

Le but de SAUV Life : gagner du temps avant l'arrivée des secouristes. Au-delà de 3 minutes sans massage, les lésions cérébrales deviennent irréversibles.

Or, les secours mettent en moyenne 13 minutes à se rendre sur le lieu de l'accident (souvent plus en zone rurale et moins dans les grandes villes). Il est donc primordial d'agir rapidement, tant qu'il en est encore temps.

Lancée en février 2018 à Lille, l'application SAUV Life est désormais disponible dans 35 départements. Elle a pour vocation d’être déployée dans tous les centres de secours de France, notamment dans les "zones blanches" où le SAMU met parfois plus de 20 minutes à arriver.

Massage cardiaque : les gestes qui sauvent

En France, entre 40 000 et 60 000 personnes meurent d'un arrêt cardiaque chaque année, soit 130 décès par jour. Dès 10 ans, il est possible d'apprendre à réaliser un massage cardiaque et d'augmenter les chances de survie des victimes.

Vous n'avez pas le temps de vous former ? Voici quelques conseils de la Fédération française de cardiologie pour effectuer les gestes qui sauvent.

Si la victime ne réagit pas, ne respire pas, ou anormalement : il faut entamer un massage.
 
  • Allonger la victime sur une surface dure.
  • Se mettre à genoux contre la victime, sur le côté.
  • Positionner les mains l'une sur l'autre, au milieu du thorax, entre les deux seins, les bras bien tendus.
  • Appuyer de tout son poids, bien au-dessus : ce ne sont pas les bras ni les mains qui appuient mais tout le corps.
  • Ce sont des pressions fortes : enfoncer les mains de 5 à 6 centimètres dans la poitrine, et remontez bien les mains entre chaque pression pour faire circuler le sang.
  • Effectuer les pressions sur un rythme régulier, environ 2 par seconde (100 par minute)
 
Pour trouver le bon rythme, la chanson Stayin' Alive est souvent citée, avec ses 103 battements par minute. Si vous n'aimez pas les Bee Gees, un hôpital américain a créé une playlist spéciale massage cardiaque avec des musiques entre 100 et 120 battements par minute !

Et pour ceux qui hésiteraient encore par peur de mal réaliser le massage cardiaque, n'oubliez-pas : le seul risque que vous prenez est celui de sauver une vie.
Les gestes qui sauvent en cas d'arrêt cardiaque si la personne ne respire plus (Crédit : Fédération française de cardiologie)
Les gestes qui sauvent en cas d'arrêt cardiaque si la personne ne respire plus (Crédit : Fédération française de cardiologie)












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