Société-Économie

Au cirque Roncalli, des animaux sauvages… en hologramme

Depuis 2018, ce cirque allemand lutte contre l’exploitation animale en présentant un spectacle 100 % humain. Éléphants et chevaux font toujours partie du spectacle, mais uniquement sous forme numérique.

Par Pauline Vallée I Publié le 19 Juillet 2019


Le cirque a investi dans un show poétique et numérique, garanti sans souffrance animale. (Crédit : Roncalli Circus)
Le cirque a investi dans un show poétique et numérique, garanti sans souffrance animale. (Crédit : Roncalli Circus)

Qui dit cirque, dit trapèze, clowns, voltige… mais également numéros d’animaux exotiques, capables de jongler ou bondir à travers un cercle enflammé. Une image d’Épinal qui, depuis la multiplication des débats sur la cause animale, ne séduit plus autant qu’auparavant. Face à l’évolution des mentalités, certains tombent le chapiteau, tandis que d’autres choisissent de se réinventer.

C’est le cas du cirque Roncalli en Allemagne, qui a trouvé un moyen original de marier traditions et innovation technologique. Depuis 2018, éléphants, chevaux et poissons évoluent sous le chapiteau… mais sous forme d’hologramme.


"De nos jours, je pense qu'il est plus approprié de montrer des hologrammes que des vrais éléphants", explique son co-fondateur Bernhard Paul au média français Brut. "Pour les enfants, les adultes et le public dans son ensemble, c'est plus intéressant et en accord avec son temps que le dressage d'animaux."
 

Le recours aux animaux sauvages pour les représentations fait polémique depuis déjà quelques années. Les associations, comme la Fondation 30 millions d’amis, dénoncent régulièrement leurs conditions de détention et de dressage. “Non seulement les animaux de cirque sont maintenus dans des cages étroites et soumis à des déplacements perpétuels, dans le stress et l’inconfort, mais ils sont surtout privés de leurs éléments naturels”, souligne la fondation dans un article publié sur son site .

Vers une interdiction définitive en France ?

En France, la loi autorise les cirques à posséder des animaux sauvages, mais encadre la pratique. L’arrêté du 18 mars 2011 précise pare exemple qu'ils doivent avoir la possibilité de se dépenser tous les jours, être mis à la retraite s'ils sont trop vieux ou malades et qu'ils ne peuvent effectuer des numéros dangereux. Des mesures jugées insuffisantes par les militants, et par la centaine de communes françaises (108 exactement) qui se sont prononcés fin 2018 contre la présence des animaux sauvages dans les cirques se produisant sur leur territoire.

Selon un sondage réalisé en 2018 par la Fondation 30 Millions d'Amis, 67 % des Français seraient en faveur d’une réglementation plus stricte de l'exploitation de ces animaux dans les spectacles itinérants. Plusieurs associations et militants se sont rassemblés dans les rues de Paris en mai dernier, afin de demander son interdiction pure et simple. Vingt-huit États, dont 19 pays européens, ont déjà franchi le pas.


Eco-cirque

La démarche du cirque Roncalli s'inscrit dans cet état d'esprit. Quinze designers et ingénieurs ont été mobilisés pour mettre au point son show numérique, comme le souligne un article de la BBC. Les créations 3D sont ensuite animées grâce à une dizaine de projecteurs.


(Crédit : Roncalli Circus)
(Crédit : Roncalli Circus)
La troupe allemande n’est pas la seule à faire évoluer ses pratiques. En 2002, le cirque Phénix avait choisi de remplacer les numéros de dressage par des spectacles de marionnettes. L’“éco-cirque” Bouglione a également banni les animaux de son programme l’année dernière. Petits et grands amateurs de spectacle vivant vont donc pouvoir continuer à rêver… sans renoncer à leurs convictions. 
 












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