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Ma maison demain

Avec ses maisons-potagers, ce village breton vise l’autonomie alimentaire

Par Alice Pouyat I Publié le 19 Janvier 2018

Le village de Langouët, près de Rennes, était déjà un champion de l'écologie. Il vise désormais l’autonomie alimentaire grâce à la construction de maisons dotées de potagers en permaculture.


Le village souhaite permetre à chacun de cultiver un potager (Crédit: Commune de Langouët)
Le village souhaite permetre à chacun de cultiver un potager (Crédit: Commune de Langouët)
-"Je mangerais bien quelques fraises."
-"Pas de souci, je vais en cueillir sur le toit."
Si vous êtes citadin et que votre main verte vous démange, cette scène existe peut-être dans vos rêves les plus fous. Une scène bientôt assez banale à Langouët, village breton des environs de Rennes.

La bourgade de 600 habitants, déjà en pointe en matière d'écologie, s'est lancé un nouveau défi : atteindre l'autonomie alimentaire. Pour cela, elle promet que tous les nouveaux logements construits seront dotés de potagers en permaculture. Des logements à petit prix, accessibles à tous.
 
"Le but est de relocaliser la production alimentaire, et de permettre aux habitants de consommer des produits sains", explique le maire Daniel Cueff.

Une maison expérimentale

Plan de la BioclimHouse, une maison zéro déchet, zéro carbone, zéro énergie. (Crédit : BioclimHouse)
Plan de la BioclimHouse, une maison zéro déchet, zéro carbone, zéro énergie. (Crédit : BioclimHouse)
La commune expérimente notamment un prototype de maison atypique : la "BioclimHouse". Construite avec des matériaux durables, et autonome en énergie, cette construction bioclimatique abrite sur son toit une serre dédiée à la permaculture. Une sorte de maison-potager.
 
Le projet a germé dans l’esprit d’un consortium d’architectes et d’ingénieurs venus de l’aéronautique. Encore confidentiel, le résultat devrait être exposé au grand public au printemps, quand les fraises montreront le bout de leur nez.

Un village 100 % bio

L’édile de 62 ans n’en est pas à son premier combat. En 1980, Daniel Cueff était déjà dans les cortèges de manifestants bretons contre la centrale nucléaire de Plogoff. Quand il devient maire en 1999 - sans étiquette - il engage la mue du village. "Parce que mon expérience m’a montré qu’un environnement dégradé génère de la violence sociale", souligne l'anthropologue de formation. Les produits phytosanitaires sont bannis de Langouët. La cantine devient 100% bio en 2004. Les panneaux solaires produisent 125% de l’énergie consommée...

Le toit de la BioclimHouse abrite un potager (Crédit : BioclimHouse)
Le toit de la BioclimHouse abrite un potager (Crédit : BioclimHouse)
 
"Désormais, notre objectif n’est plus seulement de préserver l’environnement mais de l’impacter positivement", poursuit le maire.

Certains fruits et légumes bios de Langouët pourraient par exemple nourrir la métropole de Rennes, en pleine croissance. D’autres aliments, bien sûr, ne pourront pousser sur place. "Nous ne visons pas l’autosuffisance, précise Daniel Cueff. Il ne s’agit pas de nous enfermer dans une bulle".

Logements sociaux

A qui sont destinés ces nouveaux logements ? Le maire souhaite qu'ils soient accessibles à tous. "Je reçois souvent des projets de maisons écologiques innovantes mais hors de prix, à 7 000 euros du m2.  J'ai été séduit par la BioclimHouse car elle ne coûte que 1 200 euros du m2 hors taxe, soit le prix d’un logement social."
 
Pour rendre ce projet vraiment populaire, le village a aussi prévu de créer une ferme rurale à but pédagogique.
 
"Les citadins qui viennent s’installer à la campagne ont une image très idéalisée de la nature. Ils ne savent pas comment cultiver un potager et risquent de baisser les bras.  Nous allons nous appuyer sur des villageois expérimentés pour partager les savoirs-faire."
 
Déjà endettée par ses projets, la commune n’a pas eu le soutien des banques "réticentes à porter des projets atypiques". Elle a donc lancé un emprunt auprès des habitants pour créer ce centre pédagogique, d'un montant de 25 000 euros.

Le mot a vite circulé dans la région, et la commune a eu la surprise d'atteindre son objectif en 48 heures seulement. Un parcours écolo et citoyen qui a valu au village de Langouët de figurer dans le documentaire Zéro Phyto 100 % Bio, en salles ce 31 janvier 2018.






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