Planète

Bien-être animal, rémunération des agriculteurs... bientôt une note pour nos aliments

Par I Publié le 6 Mars 2018

Lancée au Salon International de l'Agriculture le 28 février, l'association Ferme France entend mettre en place un nouvel étiquetage alimentaire encourageant les bonnes pratiques écologiques et sociétales dans l'industrie agro-alimentaire.


L'association Ferme France entend mettre en avant les produits issus d'une agriculture responsable. (Crédit : Wikimedia Commons)
L'association Ferme France entend mettre en avant les produits issus d'une agriculture responsable. (Crédit : Wikimedia Commons)
Les géants de l’agro-alimentaire peuvent-ils produire de façon écologique et socialement responsable ? Oui, si l’on en croit François Attali, président de Ferme France.
 
Lancée le 28 février au Salon International de l’Agriculture, cette association qui rassemble déjà les groupes Sodebo, Fleury-Michon, Auchan, Terrena et Advitam, a pour but de définir un ensemble de bonnes pratiques pour la filière. Ainsi qu’un nouvel étiquetage des produits pour faciliter les choix des consommateurs.
"Notre objectif c’est de rassembler tous les acteurs de l’agro alimentaire, des producteurs agricoles jusqu’aux acteurs de la transformation et de la distribution. Et de définir ensemble les progrès que l’on souhaite  adopter", explique à We Demain François Attali.

Concrètement, chaque produit en supermarché se verra attribuer d’ici 2019 une note sur 100, élaborée à partir de sept critères : bien-être animal, rémunération des agriculteurs, traçabilité des produits, nutrition-santé, réduction et alternatives aux phytosanitaires, protection-restauration de l’environnement, du climat et de la biodiversité et contribution au bien commun.
 

Un "étiquetage sociétal" qui ne devrait pas faire concurrences aux labels existants, tels que le Bio ou le Label Rouge, car ceux-ci seront inclus dans le calcul de la note finale.
"Le problème du Nutri-Score est qu’il ne dit rien du prix payé aux éleveurs. De même, la certification bio ne s’intéresse pas à la teneur en matières grasses d’un aliment. En regroupant tous ces indicateurs au sein d’une note unique, on obtient un outil précieux pour le consommateur", détaille François Attali.

Implication des consommateurs

Et quid des risques de green washing ? "C’est plutôt le contraire. Notre association indépendante n’est pas juge et partie. Et de toute façon, les marques qui nous rejoignent se surveillent mutuellement pour éviter toute triche qui nuirait à la réputation de la note Ferme France".
 
De plus, un système d’audits et de jurys citoyens s’assurera que le niveau de performance sociétale attribué aux produits correspond à la réalité. "Une telle démarche ne peut se construire sans l’implication des consommateurs. C’est pourquoi nous travaillons à un système de vote avec des étiquettes à scanner, qui leur permettra de choisir les progrès sociétaux à mettre en œuvre en priorité", ajoute François Attali.
 
Une démarche participative et transparente qui entend changer le cap d’une industrie marquée par des scandales alimentaires à répétition. "Parce que la pression sera toujours plus grande et les consommateurs de plus en plus exigeants, notre capacité à répondre aux attentes sociétales est un enjeu crucial pour l’avenir des filières françaises". Un pas dans la bonne direction mais qui dépendra néanmoins du bon vouloir des acteurs de la filière : l'adhésion à Ferme France étant volontaire.
 




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