Société-Économie

Bio, semences, néonicotinoïdes : trois bonnes nouvelles venues de l'Union Européenne

Par I Publié le 3 Mai 2018

Une surprise en ce début de printemps : l’Union Européenne a voté l’autorisation de la vente des semences paysannes, l’interdiction de trois pesticides dangereux pour les abeilles et le renforcement des normes concernant le bio.


Le bio représente 5,7% de la surface agricole français. (Crédit : Pxhere)
Le bio représente 5,7% de la surface agricole français. (Crédit : Pxhere)
En novembre 2017, l’Union Européenne renouvelait la licence pour cinq ans du pesticide très controversé de Monsanto, le glyphosate. De quoi décourager les citoyens qui avaient mené campagne pour son interdiction. Et semer le doute sur l'influence des lobbys agro-alimentaires à Bruxelles.

Et pourtant, trois décisions majeures viennent d'être prises par l’UE en ce début d’année 2018 concernant les pesticides et l’agriculture biologique. Cette dernière, en pleine expansion, représente plus de 1 500 000 hectares cultivés en 2016, soit une augmentation de 17 % par rapport à 2015.

La vente des semences paysannes était jusqu'à maintenant illégale. (Crédit : DR)
La vente des semences paysannes était jusqu'à maintenant illégale. (Crédit : DR)

L’autorisation pour les agriculteurs bio à vendre leurs semences paysannes

Jusqu’à maintenant, seules les semences enregistrées dans le catalogue officiel pouvaient être vendues. Les semences paysannes ne correspondant pas aux critères d’homogénéité et de productivité du cahier.
 
De plus, pour y ajouter une nouvelle variété, il fallait payer de 6 000 à 15 000 euros. Résultat : la majorité sont détenues par de grands groupes, principalement Monsanto, DuPontDow et Syngenta.
 
Ainsi, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) 75 % de nos aliments proviennent de seulement 12 espèces de végétaux et de cinq espèces animales. Par exemple, les variétés de blé sont passées de 400 à seulement 65 entre 1930 et 1965.
 
Une situation qui va changer puisque l’Union Européenne a voté le 19 avril dernier pour que les agriculteurs bio puissent vendre leurs graines paysannes. Un moyen pour "stimuler la production biologique".

50 % des produits bio vendus en Europe viennent de production hors Union Européenne. (Crédit : DR)
50 % des produits bio vendus en Europe viennent de production hors Union Européenne. (Crédit : DR)

Renforcement des règles du bio à l’importation

Le même jour, après quatre ans de négociations, les 28 États membres sont arrivés à un compromis quant au renforcement des contrôles des aliments bio à l’importation.
 
Aujourd’hui, 50 % des produits bio vendus en Europe viennent de fermes hors Union Européenne. À partir du 1er janvier 2021, les produits bio entrant dans l’UE subiront un double contrôle : au départ et à l’arrivée.
 
Aucun engrais de synthèse, pesticides, OGM, uniquement des fruits et légumes cultivés en terre… Autant de critères qui devront être respectés pour que les aliments puissent être vendus sous le label bio.  

Les abeilles ont officiellement été reconnues comme espèce en voie de disparition par The United States Fish and Wildfire Service en septembre 2016. (Crédit : Pixabay)
Les abeilles ont officiellement été reconnues comme espèce en voie de disparition par The United States Fish and Wildfire Service en septembre 2016. (Crédit : Pixabay)

Interdiction de trois néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles

Vendredi 27 avril au matin, les représentants des États membres de l’Union Européenne ont voté pour l’interdiction de trois néonicotinoïdes pour toutes les cultures en plein air, dès la fin de l'année 2018. Ces derniers sont jugés comme dangereux pour les abeilles.
 
L’utilisation du clothianidine, du imidaclopride et du thiaméthoxame était déjà restreinte depuis 2013. Cette nouvelle décision autorise leur usage uniquement pour les cultures sous-serre.
 
Le Danemark, la Hongrie, la Roumanie et la République Tchèque ont voté contre, tandis que la France, l’Allemagne et la Pologne sont restées sur leur position d’interdir ces substances. La Belgique et la Pologne, parmi neuf autres pays, se sont abstenues. La majorité requise a ainsi été atteinte.
 
Cependant, selon Greenpeace Europe, la victoire n’est pas entière : "il reste encore beaucoup d’autres pesticides dans la nature, dont d’autres néonicotinoïdes, tout aussi dangereux pour les abeilles et les productions alimentaires", cite Le Monde.











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